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Comment IA générative transforme les usages numériques des Français

  Une récente étude de l’Arcom montre que l’audience des services d’IA a été multipliée par sept en l’espace de trois ans et que cet essor impacte les usages numériques des Français, et notamment ceux des mineurs.

© Adobe stock.

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Combien de Français utilisent des services d’intelligence artificielle aujourd’hui ? Quels sont les services les plus prisés et qui les utilisent le plus ? C’est à ces questions que vient répondre la toute première édition du Baromètre d’audience des services d'intelligence artificielle, publié par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom). Basé sur les audiences Internet de Médiamétrie NetRatings, ce baromètre sera désormais publié tous les ans.

Observer les usages numériques pour mieux réguler

Chargée d’analyser et d’accompagner les transformations du paysage audiovisuel et numérique, l’Arcom contribue à l’élaboration d’un cadre de régulation adapté aux nouveaux défis du numérique en France. Or, les technologies d’intelligence artificielle, et notamment d’IA générative, posent de sérieuses questions en termes de fiabilité de l’information, de protection des droits d’auteur et de liberté de communication, et de protection du public – et notamment des mineurs.

Forte croissance de l’utilisation des services d’IA

Premier constat : l’audience des services d’IA a été multipliée par 7 en l’espace de trois ans. En avril 2026, les internautes français ont été sept fois plus nombreux à utiliser ces services qu’en avril 2023. La fréquentation s’est particulièrement accélérée entre juillet 2025 et avril 2026 (+34%) et, en mars 2026, on comptait 33 millions de visiteurs uniques sur ces services, soit plus de la moitié de la population française. ChatGPT reste le premier service utilisé en 2025, même si Gemini, Perplexity et Grok ont enregistré une hausse notable de leur utilisation en 2025. Les écrans mobiles sont le premier support d’utilisation (82%), parmi toutes les tranches d’âge.

Seulement 1% du temps passé sur Internet

Les internautes français ont passé 1,5 fois plus de temps sur des services d’IA en avril 2026 qu’en avril 2025. Reste que si le temps passé sur ces services tend à augmenter – 1h38, en moyenne, par mois au deuxième semestre 2025 –, il ne représente que 1% de la totalité du temps passé sur Internet. En avril 2026, ChatGPT occupait les trois quarts du temps total d’utilisation des services d’IA.

Forte appétence des jeunes

Ce sont les 15-24 ans et les élèves et étudiants qui ont le plus recours aux services d’IA, mais cet usage est également plus répandu chez les CSP+ et les 25-49 ans. Chez les élèves et étudiants de 15-24 ans, ces services semblent concurrencer le recours aux moteurs de recherche traditionnels, et l’audience de Wikipedia est en décroissance. Les mineurs de 12 à 17 ans montrent également une forte appétence pour l’IA : en avril 2026, 76% d’entre eux ont visité un service d’IA. Si cet état des lieux vient confirmer des tendances connues, le fait qu’un grand nombre de mineurs utilisent ce type de services constitue, pour l’Arcom, un point de vigilance en matière de protection des publics.

Le succès des compagnons virtuels auprès des mineurs

Les résultats de ce baromètre mettent par ailleurs en exergue un phénomène connu, mais mal mesuré jusqu’alors : le succès des sites «compagnon IA» auprès des jeunes, et en particulier des mineurs. Ce type de services permet aux internautes d’échanger par chat avec des personnages générés par IA personnalisables et conçus pour simuler des interactions sociales, narratives ou émotionnelles. Or, les 12-17 ans constituent la majorité de l’audience de ces sites compagnons IA, et ils y consacrent, en moyenne, plus de 15 heures par mois, sur l’année.

Un impact sur les pratiques pornographiques des mineurs

Autre constat issu de cette enquête : les pratiques pornographiques des mineurs intègrent désormais l’IA. Selon le même principe que les compagnons IA, des plateformes permettent de créer et d’interagir avec des personnages virtuels dans des contextes à caractère érotique (mêlant conversations et contenus pornographiques). Or, l’étude de l’Arcom relève des temps d’usage élevés de la part de mineurs sur certains sites adultes proposant des contenus pornographiques générés par IA.