«Une mesure disproportionnée pour l’économie locale» ? C’est en tout cas le sentiment de Renaud Pierson, le président du syndicat des vignerons des Côtes de Meuse. Alors que la décision préfectorale a été rendue publique en plein cœur du week-end prolongé de la fête nationale, c’est la douche froide pour la filière viticole Meuse qui exprime «son incompréhension». Et pour cause, le site du Lac de Madine et les Côtes de Meuse, véritable poumon touristique du département, font désormais partie des destinations prisées par les visiteurs de passage à la recherche d’un terroir et de produits locaux emblématiques. «Si la sécurité publique reste une priorité absolue, l’impact de cette mesure généralisée pénalise lourdement les producteurs locaux et les acteurs du tourisme en pleine saison estivale», estime le patron de l’IGP Côtes de Meuse, conscient «des impératifs de sécurité et de la nécessité de prévenir les débordements».
Un secteur économique fragilisé
Au-delà de ces questions sécuritaires, c’est bien la consommation raisonnée et la découverte d’un terroir qui se jouent aussi. «Empêcher les familles, les touristes et les Meusiens de déguster un verre de vin de notre terroir, en IGP Côtes de Meuse ou en IGP Lorraine, lors des festivités du 14 juillet dans nos villes et villages ou au dans les lieux touristiques comme le Lac de Madine, est une mesure punitive pour toute une filière». Actuellement aux prises avec la sécheresse et ses conséquences sur les vignes, les vignerons craignent avant tout «un fort impact économique direct», et réclament une clarification et des justifications d’une telle décision prise par la Préfecture. Avec seulement cinq domaines pour 45 hectares de vignes, l’IGP des Côtes de Meuse est l’un des plus petits vignobles de France, mais produit autant que l’AOC Moselle autour de 3 000 hectolitres, soit 400 000 bouteilles produites en 2025.