Dossier
Consommation/ Distribution

Consommation : le vrac gagne du terrain

  L'inflation qui menace pourrait-elle booster la consommation du vrac et de produits en contenants consignés ? De plus en plus de Français adoptent ce mode de consommation et l'offre s'enrichit, d'après Réseau Vrac et réemploi.


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Une habitude qui s'installe. Tel est le constat de l'étude « le consommateur et ses habitudes vrac et réemploi », réalisée par NielsenIQ pour Réseau Vrac et Réemploi, qui réunit les entreprises de la filière, avec Citeo, éco-organisme, et rendue publique le 12 mars dernier, à Paris. En 2025, 26% des consommateurs ont déclaré avoir acheté en vrac ( + 1 point par rapport à 2024) et 15% en consigne (+ 2 points). « Après les années de recul qui ont suivi 2020, le vrac repart à la hausse. Si l'on cumule les pratiques du vrac et de la consigne alimentaire, cela représente 32% des foyers. Il ne s'agit plus d'une niche de consommation. Ces dispositifs séduisent une part de plus en plus importante de la population », commente David Lecomte, directeur insight consommateur chez NielsenIQ.

L'étude montre aussi que la gamme des produits qui sont achetés en vrac s'élargit au delà des traditionnels oléagineux (amandes, noix...) et fruits secs ou pâtes . Le top cinq des produits les plus achetés : épices, biscuits, café, légumineuses et riz. Autre constat, en tête des critères qui incitent les consommateurs à acheter des produits en vrac ou avec consigne du contenant, figurent des paramètres comme la proximité du magasin. En synthèse, « la praticité (…). Cela montre que plus on démocratise ces dispositifs, plus la conversion des consommateurs sera importante », décrypte David Lecomte. Dans le même sens, le fait que la démarche demande « trop d'organisation » est le premier frein pointé par les consommateurs qui rechignent à adopter la consigne. Pour le vrac, en revanche, c'est le prix au kilogramme qui semble trop élevé. Il remplace la question de l'hygiène, qui figurait en tête des freins, dans les versions précédentes de l'étude NielsenIQ. « C'est un signe du fait que les consommateurs ont fini par considérer que le vrac était un mode de consommation comme un autre. Nous ne sommes plus dans des freins associés à une consommation nouvelle qui peut effrayer », analyse Célia Rennesson, directrice du Réseau Vrac et Réemploi.

Maturité croissante

Du côté de l'offre, Célia Rennesson observe des « innovations foisonnantes », susceptibles de contribuer à lever des freins chez les consommateurs (et les distributeurs). Certaines de ces innovations sont de nature organisationnelle. Depuis janvier dernier, au Carrefour d'Ermont (95), un corner Day by day, service assisté, propose 160 références de produits en vrac et 70 en bocaux consignés. « L'accompagnement du client est l'une des clés qui manquent, pour la grande distribution. Nous pensons que ce sera nécessaire environ quatre ans pour initier le dispositif », explique Célia Rennesson.

D 'autres nouveautés, techniques sont apportées par les fabricants de dispositifs qui dispensent les produits en vrac. Objectifs : améliorer la conservation des produits, la maniabilité par les consommateurs... Par exemple, dans le nouveau dispositif proposé par YooNuts, la poignée doseuse est connectée à la balance : le client ne peut pas tricher en sélectionnant un produit moins cher. Dans celui de la start-up roubaisienne Juwin (en test à l’hypermarché Leclerc de Templeuve- Nord), l'utilisateur visualise en direct sur un écran le poids et le prix du produit qui défilent au fur et à mesure qu'il se déverse dans son contenant…

Au delà du petit écosystème des entreprises du vrac, distributeurs et acteurs de l'agroalimentaire déploient des expérimentations. Comme le projet Dropack : une barquette en plastique rigide réemployable, testée au rayon traiteur en grande distribution (avec le groupe Lea Nature, Marie, Picard surgelés, Agromousquetaires...). Les corners Loop, qui proposent des produits de grandes marques, comme Blédina et Bonduelle, en consigne, sont au delà de l'expérimentation : présents dans plus de 400 grandes surfaces, ils poursuivent leur expansion.