Les Tablettes Lorraines : Quel impact a eu la météo caniculaire sur les vignes ?
Renaud Pierson : Il y a eu un impact positif dans le sens où on n’a pas eu de maladie. Pour revenir sur cette année, on avait eu une belle sortie de grappe avec un beau potentiel. Mais après, au mois de mai se sont enchaînés un épisode caniculaire et un coup de froid début juin au moment de la floraison. Suivant les cépages, parce qu’ils ne fleurissent pas tous exactement au même moment, certains ont eu un faible accrochage, c’est-à-dire que par rapport à une grappe habituelle, on a seulement la moitié des grains. Le millésime sera toutefois exceptionnel en termes de qualité, même si les volumes seront de fait moins importants. Si la sécheresse a eu des conséquences sur les jeunes vignes qui souffrent, les vignes plus anciennes, résilientes, sont restées bien vertes.
La génération des vignerons de votre papa vendangeait en octobre, vous habituellement en septembre. Et cette année, quand démarreront les vendanges pour les cinq domaines des Côtes de Meuse?
Elles ont déjà débuté la semaine passée pour les pétillants. Pour le reste, nous ne pouvons pas attendre septembre car nos clients n’aiment pas avoir des vins trop élevés en alcool, même si cette année, certains seront à 13 degrés. Le paradoxe est que le fruit n’est pas forcément à maturité alors que le sucre est là. C’est ce qui s’est passé pour les mirabelles qui sont vertes longtemps. On est obligé de jongler pour décider de la date des vendanges, contrairement à l’AOC Côtes de Toul où le coup d'envoi est imposé. Nous avons plus de souplesse avec l’IGP. Depuis trois ans, nous invitons les élus à nous rejoindre. Le 27 août au matin, la nouvelle préfète sera parmi nous, tout comme des élus dont le président du Département, les sénateurs, peut-être les députés. C’est l’occasion d’une piqûre de rappel car l’IGP a un intérêt économique, touristique et d'attractivité pour la Meuse.
Est-ce qu'il a été difficile de recruter les vendangeurs ?
Non, ce sont essentiellement des habitués. Depuis quelques années, nous avons des retraités, mais peu d’étudiants. Sur mon domaine, vingt personnes ont été embauchées pour une dizaine de jours. Sur l’ensemble de la zone IGP Côtes de Meuse, cela représentera une bonne centaine d’emplois, ce qui n'est pas négligeable pour la Meuse.