Portrait

Cuvelier Fauvarque, un jeune exportateur de 200 ans

À la tête de Cuvelier Fauvarque depuis 2002, Ludovic Bigo a connu les évolutions du marché des boissons alcoolisées en France, et a dû innover de manière profonde pour s’adapter aux nouvelles consommations. Des modifications qui ont eu lieu en France, mais aussi à l’exportation. 

La consommation d’alcool en France est en baisse constante depuis 30 ans. Elle concerne aussi bien les hommes que les femmes, des plus jeunes aux plus âgés. Une bonne chose pour la santé, puisque les consommateurs boivent des produits de meilleure qualité. Mais face à cette évolution, les entreprises doivent s’adapter. Un travail complexe à mettre en place, surtout que de nombreuses sociétés sont installées depuis des décennies. C’est le cas du négociant en vins Cuvelier Fauvarque, dont l’histoire remonte à 1787 à Haubourdin, avant un déménagement à Lompret. «Il a fallu mettre l’entreprise dans le XXIème siècle», explique Ludovic Bigo, dirigeant de Cuvelier Fauvarque.

Comment faire ? En se différenciant le plus possible. «Il faut casser les codes, innover, avoir des nouvelles idées, proposer des vins que la plupart n’ont pas, faire de l’événementiel, réinventer tous les moyens de faire venir les gens dans l’entreprise», ajoute Louis Durand, responsable export au sein de la société. Un renouveau qui passe par exemple par un rajeunissement des collaborateurs, avec une moyenne d’âge des commerciaux qui n’atteint pas 30 ans. Et évidemment, l’export est un moyen de participer à la réinvention de l’entreprise. Pour ce faire, Cuvelier Fauvarque a décidé de se concentrer uniquement sur les vins français. «Nous pensons qu’il y a suffisamment à faire, car en plus, c’est assez rare que les acteurs proposent toute une gamme de vins français. Nous nous sommes dits que c’était un argument vraiment intéressant pour l’export», indique Ludovic Bigo.

Vers d’autres continents

Pour se faciliter la tâche, l’entreprise se passe d’importateurs et négocie directement avec le revendeur du pays concerné. C’est pour cela que le nom Cuvelier Fauvarque est très présent dans les épiceries fines. La société nordiste est actuellement présente dans une quinzaine de pays, en Asie et en Europe. Parmi eux, on retrouve Singapour, la Chine, l’Irlande, la Grèce ou encore l’Angleterre. La prochaine étape pour la société : s’implanter sur le continent africain dans les prochains mois. De quoi faire grimper un peu plus le chiffre d’affaires à l’export, actuellement de 5%. La marque n’est pas encore installée aux États-Unis – notamment à cause des étapes administratives complexes – même si le pays est l’un des plus grands importateurs de vin au monde.

«Il a fallu mettre l’entreprise dans le XXIème siècle»

La principale difficulté à l’export pour Cuvelier Fauvarque est le lien avec les îles, et donc le transport des marchandises sur place, qui peut prendre plusieurs mois, comme le souligne Louis Durand. «Une commande a pris sept mois pour arriver. Nous l’avons envoyée en septembre et elle est arrivée fin mars. Les transporteurs sont extrêmement dépendants du temps ou encore du contexte géopolitique». Malgré ces quelques difficultés, la politique d’exportation de la marque nordiste continue son développement, avec «la présence d’agents dans certains pays qui nous contactent directement et qui font le relais entre les clients et nous», précise le responsable export.

 Ce travail sur la politique exportatrice de Cuvelier Fauvarque a été réalisé en lien avec Bpifrance. L’un des objectifs pour les années à venir : développer le concept de partenariat avec certains cavistes, notamment en Angleterre. «Un caviste à Londres cherchait un partenaire pour avoir une gamme assez importante de vins français. Il passe par nous et on peut ainsi lui présenter toutes les appellations, les régions et les gammes. À peu près 60% de sa gamme est composée de produits Cuvelier». Un point d’ancrage important à l’international qui peut aider aussi au développement de l’entreprise, notamment sur la digitalisation. «On doit réinvestir dans nos systèmes d’information pour des versions beaucoup plus récentes et mieux adaptées à notre métier, pour nous permettre de mieux communiquer et d’offrir une meilleure expérience client» indique le dirigeant. De quoi être présent encore 200 ans. 

En chiffres

  • Création en 1787
  • 17 salariés
  • 6 millions d'euros de CA