Sauts nocturnes, assauts de tranchées, combats urbains: le 2e régiment étranger de parachutistes (2e REP) de la Légion étrangère conduit jusqu'à mercredi un entraînement en conditions réelles de 10 jours à travers la Creuse et la Vienne.
L'exercice LIBECCIU 2026, engageant plus de 700 légionnaires, vise à entraîner le redéploiement sous court préavis et l'interopérabilité air/terre, des capacités au cœur de la contribution française aux forces de réaction rapide de l'Otan, alors que les armées européennes accélèrent leur préparation opérationnelle.
Il a débuté par des sauts en parachute de nuit à La Courtine (Creuse). Eclairés à la seule lumière rouge d'une lampe frontale, les militaires récupèrent leurs armes - fusils d'assaut, mitrailleuses légères, mortiers - dans leurs sacs d'équipement immédiatement après l'atterrissage.
Puis viennent les assauts de tranchées à La Courtine, sur un complexe mêlant des tranchées profondes aux parois en bois, dotées de galeries couvertes, et d'autres en terre battue, creusées à même le sol et soumises aux intempéries.
Sous la pluie, la boue s'accumule, les passages deviennent des coupe-gorge glissants. Des gradés évaluateurs, portant des gilets à bandes jaune-vert, observent et notent chaque mouvement. Un légionnaire déclaré touché doit retirer son casque, quitter le jeu et attendre à l'écart, équipement à terre, que la séquence s'achève.
À La Souterraine, place au combat urbain. Une faction défensive tient des positions devant un supermarché, aux portails de maisons, le long d'axes ouverts à la circulation. En face, la force d'assaut progresse en tenue de camouflage dans les ruelles sous couverture de grenades fumigènes rouges, traîne ses blessés simulés hors de la ligne de feu et pratique les premiers secours au combat sur des camarades allongés, torse nu, jouant le rôle de blessés graves.
Depuis des positions campées à sept kilomètres, des servants de mortier simulent des procédures de tir sous l'œil des évaluateurs.
Le régiment poursuit l'exercice sur deux théâtres simultanés dans la Vienne. À Saint-Savin, les ponts médiévaux sur la Gartempe - dominés par l'abbaye romane, classée au patrimoine mondial de l'Unesco - servent d'objectifs à défendre, avec des légionnaires tenant des positions dans les rues de la ville ouverte, mitrailleuse en batterie aux carrefours, patrouilles sur les ponts.
À Ingrandes, des nageurs de combat, largués depuis des hélicoptères dans la Vienne, progressent en canots pneumatiques le long des berges sous couvert végétal, après un passage de reconnaissance de l'appareil au-dessus de la rivière.