Risques de submersion marine, érosion du trait de côte, tempêtes ou encore multiplication des vagues de chaleur constituent un défi croissant pour les professionnels du tourisme en Baie de Somme. Tous sont d’ailleurs appelés à intégrer davantage les enjeux environnementaux. «La Somme étant identifiée comme une destination nature et durable, l’impact environnemental est une préoccupation qui va devenir centrale», observe Aurélie Wallet, de Somme Tourisme.
L’agence est elle-même en cours de labellisation «Lucie Progress», un référentiel aligné sur la norme internationale ISO 26000 qui évalue le niveau de maturité d’une structure en matière de RSE. Si la prise de conscience reste encore timide, plusieurs initiatives cherchent cependant à mobiliser les professionnels et à accompagner leur adaptation au dérèglement climatique.
Baie de Somme zéro carbone, un collectif précurseur
C’est le cas de l’hôtel-restaurant Les Tourelles, installé au Crotoy à l’origine de l’association «Baie de Somme zéro carbone». L’établissement a réalisé un bilan carbone dès 2008. «Le groupe auquel appartient l'établissement est dirigé par des personnes qui sont attachées au respect du territoire. Nous sommes donc animés par une volonté d’améliorer sans cesse nos pratiques», explique Bertrand Halbwachs, directeur des Tourelles.
L'exercice s'avère riche d'enseignements. «Nous nous sommes aperçus que le tourisme avait un impact considérable. Plutôt que de garder cet enseignement pour nous, nous avons décidé de le partager avec les professionnels du secteur», ajoute celui qui est aussi membre du comité de pilotage de Baie de Somme zéro carbone.
Lancée en 2009, l'association fédère aujourd’hui 41 membres actifs autour d’une charte commune : promouvoir l’écotourisme, sensibiliser le public et développer des solutions concrètes, comme l’écomobilité ou le recours aux circuits courts. Pas question, pour autant, d’être moralisateur. «Nous sommes dans une démarche éducative, il n’y a pas de leçon de morale» précise Bertrand Halbwachs, dont l’hôtel fait partie des premiers établissements écolabellisés en Europe. «Ce qui est intéressant avec cette conscience collective, c’est qu’il n’y a pas de dogme», souligne-t-il.
Hôtellerie de plein air : l’adaptation comme urgence
Les professionnels de l'hôtellerie de plein air engagent eux aussi une réflexion sur l'adaptation au changement climatique. «C’est un vrai sujet pour nous, notamment avec les risques de submersion» souligne Ingrid Duporge, gérante du camping Le Château des Tilleuls et présidente de la Fédération de l’hôtellerie de plein air de Picardie. Elle mise notamment sur la flexibilité des terrains de camping pour s’adapter. «On peut essayer de trouver des solutions, comme ailleurs en France, où certaines zones ne sont plus exploitées à certaines périodes», explique-t-elle.
Reste l’imprévisibilité des épisodes extrêmes comme la canicule de juin, «exceptionnelle par sa durée». Climatisation réversible, mobil-homes mieux isolés, réflexion sur l’avenir des piscines : les campings ajustent peu à peu leurs équipements. Une transformation portée aussi par la demande. «On se rend compte que notre clientèle est de plus en plus attentive, notamment aux labels comme La Clef Verte», conclut Ingrid Duporge.