Un tiers de milliards par an ! C’est la somme qu’Enedis, le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité, va investir dans le Grand Est dans les dix prochaines années histoire de répondre au vaste plan d’électrification de l’Hexagone annoncé à la fin mai par Emmanuel Macron, le président de la République.
«C’est une nouvelle ère énergétique aujourd’hui engagée ! Avant, nous étions «juste» des gestionnaires de réseaux avec cette électrification de nos usages, nous sommes devenus des gestionnaires de flux», assure Hervé Luthringer, le directeur Grand Est d’Enedis.
Feuille de route des troupes d’Enedis : le projet «Agir en grand» lancé par le gestionnaire en avril dernier pour réduire durablement les énergies fossiles et atteindre ses objectifs climatiques. L’électricité entend s’affirmer comme l’énergie des mobilités, du chauffage, de l’industrie, des usages numériques et de la souveraineté du pays.
«Ce n’est plus un simple sujet de conviction mais un sujet politique. C’est la deuxième électrification de la France, après celle de 1946. Nos prédécesseurs ont eux 35 ans pour la réaliser, nous, nous devons la réaliser en dix ans».
Le challenge est de taille et les investissements massifs pour atteindre cette fameuse neutralité carbone dans le mix-énergétique. Mais pas que !
Anticiper les usages
«Dans l’Hexagone, 60% de l’énergie consommée est fossile. L’électricité représente 27%. L’objectif est d’inverser la tendance pour aboutir en 2030 à 34% d’électricité et 50% en 2050. L’Hexagone est une grande puissance électrique et 95% de l’électricité produite aujourd’hui est bas-carbone», continue le directeur Grand Est d’Enedis.
Ce virage engagé se traduit par une adaptation certaine du gestionnaire de réseaux en matière de raccordements, histoire d’anticiper les besoins et les usages. «Nous sommes des aménageurs énergétiques du territoire ! Il nous faut rendre nos réseaux capables d’absorber la montée en puissance des usages électriques et des énergies renouvelables en tenant compte des réalités locales tout en rendant nos réseaux plus résilients aux changement climatiques».
Si dans la sphère économique, la décarbonation de l’industrie engagée s’affiche comme l’une des priorités, l’arrivée massive des Datacenters avec la déferlante de l’IA est l’un des autres gros chantiers. «Il en va de notre compétitivité !».