Sur les hauteurs du plateau de Brabois, juste à côté du château éponyme aujourd’hui mué en hôtel-restaurant, à quelques encablures des différents centres de recherche et laboratoires universitaires et de la vaste zone du technopôle, le bâtiment est plus que bien avancé ! La future Maison de l’Innovation Technopolitaine devrait être opérationnelle dans quelques mois et pourrait bientôt accueillir ses premières entreprises dans le domaine de la santé et plus particulièrement des biomédicaments. «Un nouveau bâtiment totem ciblé filière à potentiel», comme la qualifie Romain Petit, directeur général de Grand Nancy Innovation, l’un des bras armés de l’écosystème version développement économique territorial avec les agences Lorr’Up et Scalen et Destination Nancy. «Nous avons déjà plus qu’identifié sept importantes start-ups santé pouvant prendre possession d’une partie des lieux», assurait à la mi-juin Christophe Choserot, fraîchement réélu à la présidence de Grand Nancy Innovation. Le vice-président à la Métropole du Grand Nancy délégué à l’Enseignement supérieur, à la Recherche et à l’Innovation laissait penser que la Maison de l’Innovation pourrait entrer en action dès la rentrée. Sur la temporalité, Romain Petit envisage plutôt le début de l’année 2027 pour ce projet initié il y a une dizaine d’années. Quoi qu’il en soit, le territoire grand nancéien disposera de ce nouveau bâtiment totem permettant d’abattre la carte de l’attractivité en matière de captation d’entreprises et d’investisseurs. «Cela entre dans la stratégie générale développée, celle d’offrir un véritable parcours résidentiel aux entreprises innovantes. De l’accompagnement au départ du projet, à l’incubation, au suivi, aux mises en relation avec les différents acteurs de l’écosystème entrepreneurial et au soutien à l’innovation, quelle qu’elle soit», assure Romain Petit. La Métropole du Grand Nancy cible plusieurs champs économiques : la santé, l’énergie, l’alimentation version foodtech, la création avec les métiers d’art, avec en transversalité l’innovation en matériaux, en éco-conception, en recyclage. Le tout avec un déploiement de l’ingénierie et des services numériques (intelligence artificielle, technologie informatique et cybersécurité). «L’objectif est de créer des ponts entre ces différents secteurs car ils interagissent étroitement».
Incarner les filières
Ces filières ciblées et identifiées passent par ces fameux bâtiments totem à l’image de la future Maison de l’Innovation Technopolitaine. L’immeuble Orbor du quartier des Rives de Meurthe incarne l’univers des start-ups depuis déjà quelques années. Dans la même ligne, du côté de la zone Marcel Brot à Nancy, le futur Grand Carreau, annoncé à l’horizon 2030 sur près de neuf hectares (avec un début des travaux envisagé début 2029 pour un investissement de 53 millions d’euros), entend regrouper l’écosystème d’une filière alimentaire au sens large. Idem avec la future zone économique prévue à Maxéville sur les quelque dix hectares de l’ancien site des carrières Solvay. Baptisée InnovaTech, la zone est fléchée greentech en lien avec les matériaux et la transition écologique et énergétique. Elle devrait afficher un caractère industriel nouvelle génération. Les fondations de cette nouvelle économie productive du territoire grand nancéien rayonnent sur un bassin de vie et d’emplois ample entraînant un travail en synergie et bonne intelligence avec les autres structures intercommunales, notamment au sein de la Multipole Nancy Sud Lorraine. Le passé et la culture industriels du territoire sont aujourd’hui en phase de renouvellement avec la volonté assumée d’accueillir les activités productives de demain. «Les filières peuvent s’incarner dans les lieux et zones en cours de création. L’un de notre rôle est de permettre l’animation et le développement d’interactions pour consolider ces écosystèmes territoriaux innovants», explique celui qui est également secrétaire général du réseau Retis (réseau français des professionnels et acteurs d’accompagnement de l’innovation sur les territoires). Si l’accompagnement des porteurs de projets demeure l’une des missions principales de Grand Nancy Innovation, le développement de bâtiments totem permet à la structure (lancée fin 2018) de renouer avec son ADN premier : l’accueil physique d’entreprises. «L’objectif est de créer de mini Grand Nancy Innovation dans chaque bâtiment totem. Nous travaillons également sur la relocalisation d’activités sur le territoire dans une logique globale de réindustrialisation». Un projet de relocalisation de fabrication de pierres semi-précieuses est d’ailleurs dans les tuyaux.
La stratégie des bâtiments totem
Accueil renforcé
Explorer, créer et développer, c’est le triptyque de Grand Nancy Innovation ! L’accompagnateur de start-ups et d’entreprises entend aujourd’hui renforcer son accueil et son captage d’entreprises exogènes. «Il faut localiser sur notre territoire et y produire. Un emploi industriel créé, ce sont sept emplois générés», assure Romain Petit, le directeur général de Grand Nancy Innovation.