Dossier

Industrie : la data, l’IA ou le néant ?


À l’instar des autres secteurs, l’industrie est en proie à une vaste transformation où la data et l’Intelligence artificielle (IA) s’entrechoquent au point de devenir de «fausses amies» si leur maîtrise n’est pas optimale. Et c’est là tout le problème...

La transformation digitale de l’industrie nécessite une collecte de données fiables, indispensables pour permettre une utilisation optimale de l’IA. © Skimp Art-Adobe stock (généré à l’aide de l’IA)

La transformation digitale de l’industrie nécessite une collecte de données fiables, indispensables pour permettre une utilisation optimale de l’IA. © Skimp Art-Adobe stock (généré à l’aide de l’IA)

La data, c’est bien ! L’exploiter de façon efficiente, c’est mieux. Dans cette course quasi frénétique à la sacro-sainte donnée, le secteur industriel s’apparente à un véritable cas d’école. 

Si la transformation numérique et digitale n’est plus à faire dans ce secteur – sept industriels sur dix affirment avoir déjà déployé des solutions digitales sur leurs sites de production (source : étude de Rockwell Automation parue mi-mai) –, les professionnels du secteur s’accordent à dire qu’ils butent sur l’exploitation réelle des données. Un sur deux assure l’exploiter efficacement. 

«Aujourd’hui, le véritable différenciateur face à la concurrence n’est pas la collecte des données, cela tout le monde peut le faire ou presque, mais la capacité à les connecter et à les contextualiser. Quand la donnée circule de manière fiable à travers les différents processus opérationnels, cela accélère la prise de décision et les avantages concurrentiels suivent naturellement», peut-on lire dans l’étude de Rockwell Automation. 

Ce constat établi par ce géant mondial des solutions d’automatisation industrielle résonne fortement dans nos contrées industrialisées, ouvrant des portes à un marché du conseil en la matière des plus florissants. 

«Digitaliser, c’est structurer, centraliser les informations, créer des liens logiques entre les processus et rendre les données accessibles au bon endroit», assurent les pilotes d’une récente start-up meurthe-et-mosellane. 

«Force est de constater qu’aujourd’hui, même si cela peut apparaître ubuesque, bon nombre d’industriels, quelle que soit leur taille, fonctionnent encore avec de simples fichiers Excel, voire des procédures papier peu adaptées aux réalités du terrain et aux enjeux actuels», continue le duo créateur issu du monde de l’industrie. 

Un fossé semble bien présent entre l’évolution générale souhaitée du secteur, où la data et son alliée l’IA (ou ennemie vu son évolution: NDLR) s’affirment comme les moteurs jugés primordiaux et vitaux pour la pérennité des structures, et la réalité du terrain au cœur du tissu industriel local. 

L’écosystème à l’échelon régional s’organise à l’image des récentes formations lancées fin septembre par le Pôle formation UIMM Lorraine de Maxéville autour de l’IA.

«De la découverte de l’intelligence artificielle à son déploiement dans les processus industriels, cette nouvelle offre vise à répondre aux défis de compétitivité, de productivité, d’innovation et d’attractivité auxquels sont confrontées les entreprises. Construit à partir des besoins exprimés par les industriels, ce programme repose sur une approche pragmatique, opérationnelle et résolument tournée vers les réalités des entreprises», assure le bras armé version formation de l’UIMM Lorraine. 

Approche pragmatique

Les choses vont vite, très vite, trop vite pour bon nombre. La période ne semble plus être à la simple négociation du virage mais à la véritable maîtrise de ces évolutions technologiques galopantes. L’IA redéfinit les fondamentaux de l’industrie manufacturière comme de tous les secteurs. 

D’après plusieurs études et experts, bon nombre d’industriels s’appuient sur des technologies prédictives basées sur l’IA, par exemple pour prévenir des pannes (surtout chez les mastodontes du secteur). 

Reste que l’IA ne peut être réellement fiable que si les données qui la nourrissent le sont. 

«La qualité des données, c’est tout l’enjeu aujourd’hui dans l’industrie comme partout ailleurs», assure un directeur régional d’un spécialiste de l’industrie 4.0. 

«Quand elles sont fragmentées ou mal structurées, les données alimentent des modèles loin d’afficher les performances souhaitées, voire au pire, nuisent au processus en général. C’est cette convergence entre données, outils numériques et expertise terrain qui permet d’atteindre cette optimisation». 

Reste à réellement l’atteindre…