Depuis 1972, à Templemars, Fichorga développe et édite des logiciels dédiés au notariat, un secteur en constante évolution. Pour rester à la pointe, l’entreprise adapte en permanence ses outils aux mutations numériques. «Entre les bandes passantes de l’époque et l’utilisation de l’intelligence artificielle aujourd'hui, il y a un monde. C’est pourquoi nous nous informons et nous nous formons en continu, notamment en étant adhérent à la Cité de l’IA et partenaire des Data Days», souligne Gonzague Renard, président.
Fichorga compte aujourd'hui 210 collaborateurs pour 17 millions d’euros de chiffre d’affaires. «Notre objectif est de franchir la barre des 20 millions d’euros cette année et de rester compétitifs en étant les premiers à déployer des solutions», ambitionne le dirigeant, représentant de la deuxième génération. L’entreprise prévoit également de déménager prochainement à Noyelles-lès-Seclin, dans des locaux plus adaptés à sa croissance.
Évoluer oui, mais pas au prix de la sécurité
L’innovation ne va pas sans vigilance. «En 2021, chez Fichorga, nous avons subi une cyberattaque. Du jour au lendemain, nous étions à l’arrêt. Cela nous a fait prendre conscience de l’ampleur du sujet de la sécurité», confie Gonzague Renard. Depuis, la cybersécurité est intégrée au cœur des processus et des logiciels, un enjeu majeur pour des données notariales sensibles. «Chez nous, les données des notaires restent en France et sont gérées par nos propres structures, afin d’éviter toute fuite», précise Mehdi Ameziane, directeur des services informatiques. L’entreprise a ainsi développé son propre cloud et des outils d’échanges sécurisés, régulièrement renforcés.
Pionnière, Fichorga a intégré l’intelligence artificielle dès 2016. «La difficulté avec l’IA, c’est qu'elle permet beaucoup de choses. Il faut donc cibler les usages réellement utiles», souligne Mehdi Ameziane. Utilisée comme assistant, elle analyse par exemple des actes de vente pour en extraire les informations essentielles. «Nous ne proposons jamais une IA qui prend des décisions à la place de l’utilisateur ou qui engage des actions seule. L’humain reste au cœur de nos technologies», insiste Gonzague Renard.
Cap sur la facture électronique
Prochaine étape : accompagner les entreprises dans la réception des factures électroniques, puis, dès 2027, dans leur émission. «Le logiciel est déjà prêt. Il est en phase de test et sera prochainement déployé», indique le président. L’entreprise veut aller au-delà du cadre réglementaire : «Nous allons proposer des services complémentaires par rapport à ce que l’échange de factures requiert», assure-t-il.
Même ambition côté informatique : «Les données sont une grande richesse. Nous voulons permettre à nos clients de les récupérer facilement pour capitaliser dessus», conclut Mehdi Ameziane. Fichorga poursuit ainsi sa croissance, entre innovation, sécurité et nouveaux services.
Pour Aletheia Press, Lolita Péron Vranesic