Les commerçants nancéiens se sont armés ! Les différentes manifestations et rassemblements aux débordements violents ont poussé certains professionnels du commerce de la cité ducale à s’équiper en armes et équipements de défense.
Des armes de catégorie D (non létales, ne nécessitant aucun permis juste une pièce d’identité pour leur acquisition), en grande majorité des pistolets, des revolvers ou des fusils à canon scié fonctionnant à l’air comprimé et projetant des balles de gomme (voire d’acier) avec une puissance de moins de vingt joules semblent avoir été les plus recherchées.
«Après la manifestation du 17 octobre, cela a été le défilé dans notre boutique-armurerie. En moins d’une semaine, nous n’avions plus de stocks. Les gens venaient et prenaient ce qui restait, peu importait le prix. Une cinquantaine d’armes ont été écoulées en l’espace de quelques jours».
Un paquet de feuilles de précommande en main, Xavier Martinez-Fortun, le fondateur et gérant de Protectys – spécialiste de la sécurité des biens et des personnes installé depuis fin 2024 du côté de l’allée des Prunus à Houdemont –, n’a jamais vu cela en près de trente ans de carrière.
Une arme, à tout prix
«Nous devrions recevoir des livraisons mais du côté de nos fournisseurs, ils sont également eux-mêmes en rupture de stock. C’est la même chose chez nos différents confrères», explique le professionnel de la sécurité surfant sur les catalogues de vente en ligne d’armes non létales où les différents modèles sont estampillés «non disponibles».
«Il est certain que pour nous, c’est un coup de booster au niveau commercial. D’un point de vue purement professionnel, c’est une bonne chose mais d’un point de vue personnel et de citoyen, c’est inquiétant».
La vente de cette typologie d’armes est présente tout au long de l’année. «Ce sont majoritairement des particuliers qui font une démarche d’achat après une longue réflexion. Ce n’est loin d’être anodin de se procurer ce type d’équipements. Mais là, nous avons bien ressenti que les gens voulaient à tout prix trouver quelque chose pour assurer la protection de leurs commerces».
Dans les vitrines sous clé, plus aucune arme n’est disponible «sauf les armes nécessitant un permis, une chance que nous ne soyons pas aux États-Unis, car elles seraient parties en un rien de temps».
Même si la dernière manifestation du 24 octobre a été un peu moins violente, en termes de pillages notamment, dans les rues de Nancy, les prochaines annoncées pour ce samedi 30 octobre par le mouvement des Gilets jaunes et le jeudi 5 novembre à l’appel de certains syndicats de salariés pour une journée nationale de grève, devraient accentuer ce «besoin presque viral», comme le constate Xavier Martinez-Fortun, de certains de s’équiper pour se protéger et protéger leurs biens.
Avec tout ce que cela peut engendrer comme dérives…