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Territoires

RTE: quand l’engagement se décline au niveau local

Traiter les sous-traitants comme de véritables partenaires, résoudre les problèmes de logement des alternants, miser sur l'économie circulaire... Des démarches récompensées par les premiers Trophées de la responsabilité territoriale des entreprises.

Publié aujourd'hui 10h32 - Mis à jour 10h33 - 2 min de lecture
RTE: quand l’engagement se décline au niveau local

© ryker / Adobe Stock (Illustration générée par IA).

Une responsabilité supplémentaire pour les entreprises ? Le 23 octobre, au Sénat, se tenait la remise de la première édition des Trophées de la responsabilité territoriale des entreprises (RTE), qui a distingué des sociétés très diverses. L'événement était organisé par l'Institut Enterritoires qui se veut un «lieu d'études» sur les grands enjeux des territoires.

Pour l'institut, la responsabilité territoriale repose sur quatre piliers : dialogue et coopération, engagement économique, solidarités, contribution à la transition énergétique et

environnementale. Les lauréats distingués illustrent une grande variété d'approches. Par exemple, pour Loïc Hénaff, directeur du groupe Hénaff, - conserveur breton depuis 1907-, le territoire dans lequel agit l'entreprise constitue une priorité. Le directeur a mis en place une démarche très structurée. A horizon 2030, «14 engagements, 32 objectifs, 64 indicateurs», précise Loïc Hénaff. «Sur certains sujets, comme le sourcing des matières premières, nous avons mis en place une communauté de progrès», poursuit l'entrepreneur. C'est le cas avec huit éleveurs de porcs avec lesquels il travaille, tous situés à moins de 150 km.

Autre exemple, le groupe Posson packaging, entreprise familiale spécialisée dans l'emballage carton (Sarthe). Parmi les attentions portées à son territoire, la société est engagée dans une trajectoire forte d'économie circulaire. Et aussi, «nous soignons l'accueil des jeunes», explique Sylvie Casenave-Péré, présidente du groupe. La société a rénové et équipé des studios, résolvant l'épineux problème de logement de ses six alternants.

«Nous étions un acteur du désordre»

Comme les actions, les routes qui conduisent à la responsabilité territoriale sont variées. Chez Pochet, fabriquant de packagings pour le luxe, né dans la vallée de la Bresle (Seine-Maritime), il y a quatre siècles, «nous sommes parfois le plus gros employeur dans la région (…) cela représente évidemment une grande responsabilité dans ces territoires. Nous sommes au cœur d'un écosystème», décrit, Xavier Gagey, président directeur général. Dans le berceau historique de l'entreprise, son usine absorbe 80% de la production des sous-traitants locaux...

La philosophie est radicalement différente chez deux autres ETI, Léa Nature (Bretagne) spécialiste du bio, et KS groupe (Alsace), contractant général dans les projets liés à la construction et au bâtiment. Dans ces deux entreprises, la responsabilité territoriale découle d'une responsabilité plus globale qui a induit un choix radical chez leurs propriétaires : la transmission à un fonds de dotation. «Il faut rendre à la nature ce qu'on lui prélève», explique ainsi Charles Kloboukoff, fondateur et président de Léa Nature. Son engagement global se décline aussi au niveau local. Par exemple, en soutenant des associations qui travaillent à établir le lien scientifique entre cancer pédiatrique et pollution dans la région.

Chez KS groupe, «nous avons constaté que nous étions un acteur du désordre et nous avons changé de modèle économique (…) Aujourd'hui, ce que nous gagnons sur le territoire, grâce au territoire, nous le redonnons au territoire. Le fonds de dotation aide les projets d'intérêt collectif selon trois axes, qui sont les axes du désordre sur lesquels nous créons une forme d'instabilité : le handicap, la précarité et l'environnement», explique Édouard Sauer, président de l'entreprise.