Interrompu par la pandémie, le recrutement des cadres connaît de fortes tensions. « On constate une augmentation significative des offres d’emploi des cadres qui s’inscrit dans une reprise économique globale » détaille Hervé Reynier, responsable opérationnel régional de l’APEC.
Première région industrielle, la Bourgogne-Franche-Comté compte 30 % de cadres dans ce secteur pour 110 000 cadres dans le secteur privé. A côté du triangle Belfort – Montbéliard – Héricourt, Dijon s’impose logiquement comme la place forte de l’emploi des cadres en région, profitant de l’attractivité de la Métropole. « Dijon tire son épingle du jeu avec une marque forte de son territoire, une offre tertiaire plus diversifiée. » A côté, Besançon rencontre plus de difficultés à attirer les cadres en couple notamment.
Peu de secteurs épargnés
Si l’industrie, ancrée dans l’ADN de la région, peine à recruter des cadres, comme partout, l’hôtellerie-restauration souffre aussi en matière de recrutement. « Les fonctions commerciales, informatiques sont aussi particulièrement recherchées. » Alors que la pandémie a généré des migrations, encore 39 % des cadres français envisagent une mobilité. Une opportunité pour les entreprises et les régions de les attirer. « Les cadres font des choix de vie pour eux et leur famille. Toutes les PME / TPE n'ont pas les mêmes capacités de rémunération, elles doivent donc capitaliser sur leur environnement et la qualité de vie. »
En 2021, l’APEC a accompagné 800 entreprises en région pour déployer une marque employeur et faciliter leur recrutement. « Elles doivent mettre en avant leur valeur, véritables éléments différenciant et valoriser leur territoire, mais elles ne peuvent pas porter seule cette attractivité. » Hervé Reynier rappelle que la région est également la plus rurale de France avec 55 % de la population en campagne. Un atout pour le cadre de vie, pour le tourisme, il se révèle aussi un handicap si la mobilité n’est pas au rendez-vous.

S’ouvrir à d’autres alternatives
Pour pallier les difficultés de recrutement, le représentant de l’APEC encourage à s’intéresser aux cadres seniors. « Il y a des cadres en chômage longue durée qui ne rencontrent pas le marché alors qu’il pourrait apporter des solutions. »
D’autres privilégient les évolutions internes, contribuant ainsi à fidéliser leurs équipes, quand certaines renoncent au recrutement d’un cadre. « Notamment dans les territoires les plus isolés ou les moins urbanisés, les entreprises hésitent à consacrer du temps et de l’énergie pour un cadre qui ne resterait pas. » A côté des réseaux sociaux, l’APEC dispose d’une banque de plus de 310 000 profils actifs, à disposition gratuite des entreprises en recherche d’un cadre pour intégrer leurs effectifs.
Pour Aletheia Press, Nadège Hubert