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La canicule s'étend, plus d'un Français sur deux concerné

La canicule s'étend vendredi en France avec désormais plus d'un habitant sur deux concerné par la vigilance orange dans 53 départements, une situation qui impose des précautions au travail et dans les écoles et a conduit au report du "grand...
Des touristes se protègen du soleil au Trocadéro à Paris, le 18 juin 2026 © Simon WOHLFAHRT

Des touristes se protègen du soleil au Trocadéro à Paris, le 18 juin 2026 © Simon WOHLFAHRT

La canicule s'étend vendredi en France avec désormais plus d'un habitant sur deux concerné par la vigilance orange dans 53 départements, une situation qui impose des précautions au travail et dans les écoles et a conduit au report du "grand oral" du bac pour plusieurs milliers de lycéens.

L'épisode de chaleur s'annonce "étendu, durable et intense", avertit Météo-France. Des départements supplémentaires pourraient rejoindre les 53 déjà concernés par la "vigilance orange" et il est "probable" qu'à partir de dimanche certains passent en "vigilance rouge canicule", avec des températures avoisinant 30°C la nuit et 40°C la journée, a averti le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

Près de 36 millions de Français - soit plus d'un sur deux - sont concernés par cette vigilance orange, selon des estimations de population de l'Insee croisées avec la liste des départements concernés - le long d'un axe allant du Sud-Ouest au Nord-Est. Parmi eux, quelque 1,7 million de bébés ou enfants de moins de quatre ans et 3,8  millions de 75 ans ou plus pourraient constituer des publics vulnérables. 

Les habitants des Hauts-de-France sont quant à eux concernés par une vigilance orange "orages", avec des perturbations attendues en milieu d'après-midi et en soirée.

Ces vagues de chaleur plus fréquentes, plus nombreuses et plus intenses sont le "signe manifeste du changement climatique", souligne Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France.

Le président Emmanuel Macron a appelé à une "grande vigilance" et à "prendre soin des plus âgés, des plus vulnérables" en ces "jours difficiles".

Adapter les horaires

Aux urgences hospitalières, "des renforcements d'équipes" sont anticipés au "cas par cas", selon la ministre de la Santé Stéphanie Rist. "On sait qu'il va y avoir plus d'appels au Samu", "plus de personnes qui peuvent faire des malaises et aller aux urgences", a-t-elle indiqué sur LCI.

En milieu professionnel, "les entreprises doivent prendre des mesures" pour protéger leurs salariés exposés, a rappelé sur RMC le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou. 

"La première des règles", "une obligation", "est d'adapter les horaires de travail à ces chaleurs intenses, donc travailler davantage plus tôt et quand il fait plus frais", a-t-il insisté lors d'un déplacement sur un chantier de voirie à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), qui a avancé ses horaires à 7H00 du matin.

Dans l'éducation, 784 écoles et collèges, sur 60.000 établissements scolaires en France, sont concernés par des aménagements horaires ou des fermetures temporaires, a annoncé le ministre Edouard Geffray. Ce chiffre comprend les quelque 150 établissements qui ferment complètement.

Le ministre a également annoncé que les oraux du baccalauréat de 4.000 candidats prévus lundi et mardi après-midi ont été "décalés de quelques jours", dans les académies de Bordeaux, Lyon, Montpellier, Normandie et Poitiers. "Il faut adapter nos pratiques: c'est pour ça qu'il n'y aura à l'avenir au baccalauréat ou au brevet plus d'épreuves les après-midi", a-t-il souligné.

Élodie, 17 ans, lycéenne à Surgères (Charente), est concernée: son oral aura finalement lieu le 29 juin au matin. "C'est une bonne chose, parce que l'après-midi, les températures sont vraiment insoutenables, pour les élèves comme pour les jurys", commente la jeune fille. "Et puis ça permet d'avoir un peu plus de temps pour réviser".

Pas de retour en arrière

La chaleur met également en péril la traditionnelle Fête de la musique, prévue dimanche. Les animations ont été annulées à Brive-la-Gaillarde (Corrèze) et dans plusieurs petites villes en Seine-et-Marne, Gironde, Sarthe ou Charente-Maritime. Cependant "il n'y a pas de remise en cause des activités (...) prévues pour les fêtes de la musique d'une manière générale", a insisté Laurent Nuñez.

A Paris et en petite couronne, la préfecture de police a demandé l'annulation de 11 événements sportifs en plein air. Pour 10 d'entre eux, l'annulation a été décidée "d'un commun accord avec l'organisateur", mais pour le 11e, "ça n'a pas été possible et le préfet de police a pris un arrêté d'interdiction", selon le ministre.

Pour lutter contre la pollution - un épisode persistant de pollution à l'ozone est prévu samedi en Île-de-France -, des mesures sont par ailleurs mises en place dès vendredi, dont la circulation différenciée dans une partie de l'agglomération parisienne ainsi que la réduction de la vitesse maximale autorisée.

C'est le deuxième épisode de chaleur en quelques semaines à toucher la France, déjà frappée en mai par des températures inédites pour le mois.

Et cela n'a rien de surprenant: "tout se passe comme prévu, malheureusement", a déploré sur BFMTV/RMC l'ingénieur et consultant Jean-Marc Jancovici, membre du Haut Conseil pour le Climat. En matière de réchauffement, il n'y aura pas de retour en arrière possible: "il va falloir apprendre à vivre avec un climat qui aura changé de toute façon", a-t-il averti.