«Nous connaissons une période pire qu’en 1976, avec des températures élevées jamais atteintes.
Toutefois, la situation n’est pas catastrophique, mais nous devons agir de manière responsable», a estimé
le préfet de la Somme, Rollon Mouchel-Blaisot. Pour le représentant de l’État, l’enjeu est surtout d’anticiper. Les épisodes de fortes chaleurs qui apparaissent aujourd’hui comme exceptionnels pourraient devenir beaucoup plus fréquents à l’horizon 2050.
Parallèlement, les précipitations pourraient prendre une forme différente, avec des épisodes plus
violents et concentrés. Cette évolution oblige à repenser la manière dont le territoire gère son eau. Le Schéma départemental de l’eau à l’horizon 2050 doit ainsi permettre de préparer des réponses durables, aussi bien pour l’agriculture que pour les collectivités, les entreprises et la population.
Des pistes d'actions
Parmi les pistes étudiées figure la possibilité de mieux utiliser les eaux excédentaires durant les périodes
hivernales. L’idée consiste notamment à développer des aménagements capables de ralentir les
ruissellements et de favoriser l’infiltration de l’eau dans les sols. «La gestion des crues pourrait ainsi devenir un outil de gestion de la sécheresse», explique Xavier Rousset, directeur départemental des territoires et de la mer de la Somme, DDTM. Plutôt que de laisser l’eau s’évacuer rapidement, certains ouvrages pourraient contribuer à recharger progressivement les nappes phréatiques.
Cette stratégie suppose également de faire évoluer les pratiques agricoles. L’irrigation de précision,
notamment grâce à des systèmes permettant d’apporter uniquement la quantité d’eau nécessaire aux
cultures, constitue une autre piste privilégiée. Cette réflexion dépasse largement la seule question de
l’irrigation. Elle concerne également l’industrie, les collectivités et l’alimentation en eau potable.
La situation actuelle constitue donc un signal d’alerte. Il s’agit de préparer dès maintenant une politique
de l’eau dans une vision à long terme, avec 2050 comme horizon.