Dossier
Banques

Le coup de pouce de proximité bienvenu

Au démarrage d’une aventure entrepreneuriale, le premier frein financier peut être levé par les proches, la famille ou les amis. Cette pratique courante pour réunir les capitaux nécessaires de départ baptisée «Love Money» marque ce lien particulier dans la souscription du capital de la société.

© DR- Au démarrage d’une aventure entrepreneuriale, le premier frein financier peut être levé par les proches, la famille ou les amis.

© DR- Au démarrage d’une aventure entrepreneuriale, le premier frein financier peut être levé par les proches, la famille ou les amis.

Réunir des financements suffisants pour son entreprise afin de pouvoir acter la création avant même de faire le tour des partenaires bancaires. C’est tout l’enjeu pour de nombreux jeunes entrepreneurs qui n’ont pas forcément de livrets bien garnis. «Quand les créateurs viennent défendre leur dossier en comité d’agrément, on voit que des fonds sont sur leur compte, mais nous ne savons pas s’ils proviennent de leurs économies ou d’un soutien de l’entourage. Cette étape a été validée en amont avec l’expert-comptable. Tout est transparent en lien avec la lutte contre le blanchiment d’argent. Mais, évidemment, plus cette somme est conséquente, plus les partenaires seront rassurés pour l’effet levier escompté tant au niveau des prêts d’honneur que des prêts plus classiques bancaires», explique Delphine Bouley, directrice de l’association Metz Initiative qui fête cette année ses vingt ans. Ce soutien familial est une pratique courante dans l’entrepreneuriat et peut prendre plusieurs formes que ce soient une donation avec d’éventuelles exonérations de droits, un prêt familial ou encore une participation au capital également appelé «Love Money» avec des dispositifs fiscaux incitatifs. En tout état de cause, des conditions avec des plafonds et une procédure doivent être respectés afin de ne pas gripper les relations amicales à court ou moyen termes et ainsi limiter les risques relationnels ou fiscaux. 

Convaincre ses proches

Pour que cette étape joue réellement son rôle de tremplin, encore faut-il bien la structurer. Selon les cas de figure, certains proches veulent investir tout en souhaitant rester en dehors de l’entreprise quand d’autres veulent pouvoir donner leur avis sur des futures décisions... et peser. Sans cadre clair, la situation peut vite dégénérer au quotidien. D’où l’importance de définir au préalable le rôle exact de chaque investisseur et de s’y tenir. Il est vrai que la souscription au capital de la société par un proche peut permettre au jeune dirigeant de démarrer son aventure entrepreneuriale en restant majoritaire et décisionnaire. Également appelé épargne relationnelle, ce capital de proximité renforce de fait l’apport personnel de départ, mais c’est aussi un exercice de style qui conforte la confiance du porteur de projet. S’il est parvenu à convaincre un ou plusieurs proches en rodant son «pitch entrepreneurial», il pourra ensuite tenir un même discours auprès des partenaires bancaires… et ainsi créer une dynamique de levée de fonds.


Le soutien familial est une pratique courante dans l’entrepreneuriat