Dossier

Le Slip français fait ses débuts à la Bourse de Paris

La marque de sous-vêtements Le Slip français, chantre du made in France, a levé mardi 5 millions d'euros d'argent frais pour son premier jour de cotation à la Bourse de Paris. 

Une banderole de l'entreprise Le Slip français accrochée sur le Palais Brongniart, à Paris, le 29 juin 2026 © JOEL SAGET

Une banderole de l'entreprise Le Slip français accrochée sur le Palais Brongniart, à Paris, le 29 juin 2026 © JOEL SAGET

La marque de sous-vêtements Le Slip français, chantre du made in France, a levé mardi 5 millions d'euros d'argent frais pour son premier jour de cotation à la Bourse de Paris, une opération singulière dans une industrie textile chamboulée par les plateformes asiatiques. Le prix de son action, initialement fixé à 14,80 euros, a finalement gagné 2,03% à 15,10 euros au premier jour de sa cotation. La société avait annoncé fin juin son projet de cotation à la Bourse de Paris, sur le segment Euronext Growth, dédié aux petites et moyenne entreprises. Elle disait espérer "embarquer" ses concitoyens pour "réinventer avec panache l'industrie textile".

Cette cotation lui permet de lever au total 13 millions d'euros, auprès de 7 250 actionnaires particuliers, avait-elle annoncé jeudi dernier, se félicitant d'une opération sursouscrite à hauteur de 1,15 fois, c'est-à-dire avec plus de demande que d'offre. Mais dans cette somme, seulement 5 millions d'euros viennent augmenter le capital de l'entreprise. Le reste est en effet composé de titres vendus par des actionnaires historiques, à hauteur de 8 millions d'euros, selon la société.

Montrer par l'exemple que le made in France est performant et compétitif

Malgré une communication bien huilée - Le Slip français a délibérément choisi la date emblématique du 14 juillet pour se lancer -, l'opération n'en reste pas moins modeste, sous la moyenne de 29 millions d'euros des introductions en Bourse sur Euronext Growth. A l'heure où les plateformes asiatiques comme Shein et Temu sont accusées de concurrence déloyale avec leurs produits à très bas coûts, la marque dit vouloir "montrer par l'exemple que le made in France est performant et compétitif", selon les mots de Guillaume Gibault, son PDG.

Cette levée de fonds permettra "d'accélérer notre stratégie de développement", en "renforçant notre marque sur son marché historique", "d'accroître nos capacités de production" et "déployer notre offre de fabrication (...) pour des marques tierces", a-t-il énuméré.

Fondée en 2011, la PME a enregistré l'an dernier un bénéfice net de 0,7 million d'euros et un chiffre d'affaires de 21,1 millions d'euros, forte d'un virage stratégique opéré en 2023, après des années post-Covid difficiles. Elle a fermé ses boutiques - elle n'en compte plus que deux sur une vingtaine - et réduit le prix moyen de ses produits, de 40 euros à 20 euros.