En matière de canicule, ils sont clairement en première ligne. Le 24 juin, la Capeb Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment, rendait publics les résultats de son enquête «Impact climatique», menée en mai et juin, auprès de 2 200 répondants. Le constat est net : les trois quarts des entreprises reconnaissent que l'adaptation aux aléas climatiques constituent un enjeu. Néanmoins, elles ne sont que 25% à avoir l'avoir déjà inscrite dans leur stratégie. Concrètement, l'aléa auquel les entreprises sont le plus confrontées est la chaleur ou canicule, citée par 91% d'entre elles. Mais les autres risques ne sont pas négligeables : 60% des entreprises évoquent les précipitations et les inondations, 48%, le froid, le gel ou la neige. Vent, sécheresse et incendies, préoccupent 45% des entreprises. Autre constat, près de sept sondés sur 10 observent une augmentation de la fréquence de ces aléas. Les impacts de ces derniers sur les locaux de l'entreprise sont limités, qu'il s'agisse du siège, de dépôts ou d'un atelier. En fait, huit entreprises sur 10 ne constatent aucun impact. Les scores les plus élevés (8%) concernent des dommages subis sur le matériel ou les locaux. Et pourtant, d'après les réponses au sondage, en 2025, l'estimation des pertes médianes à cause des aléas est loin d'être négligeable : 2% du chiffre d'affaires, 4 800 euros, et cinq jours de travail.
Première conséquence des aléas climatiques ? Le stress du dirigeant
C'est sur les chantiers que tout se joue. Les aléas climatiques provoquent des difficultés en matière de main d'oeuvre, de réalisation des travaux, de logistique, et aussi... dans l'exercice du métier de chef d'entreprise. Le stress suscité chez ce dernier par les aléas climatiques figure en tête (62%) de tous les problèmes. Le retard pris sur les chantiers (58%) est mentionné ensuite, suivi par la mise en place d'horaires décalés (55%). Parmi les autres difficultés avancées, toujours concernant les salariés, 53% des sondés constatent chez leurs employés fatigue accrue, démotivation et arrêts. Les accrocs subis par la logistique s'avèrent un peu moindres, mais non négligeables : accès au chantier impraticable (26%), retard de livraison des fournisseurs (25%). Et sur les chantiers, l'emploi de certains matériaux peut poser des difficultés ( 47%).
Face à cette situation, les mesures déjà adoptées par les entreprises sont de nature variée et d'amplitude très diverse. A un extrême, 70% d’entre elles ont déjà mis en place l'adaptation des horaires de travail ; à l'autre extrême, 3% ont réalisé un diagnostic d'exposition ou de vulnérabilité. Entre les deux, les mesures les plus courantes sont l'utilisation régulière d'applications ou de plateformes météo (48%) et l'achat de vêtements techniques (anti UV, rafraîchissants, chauffants...). 14% des sondés déclarent n'avoir mis aucune mesure en place.
PME : des outils numériques gratuits pour s'adapter au changement climatique
La Banque de France met à disposition des PME un outil en ligne, «Outil de Diagnostic pour l’Adaptation au Changement Climatique» (ODACC) qui permet de mesurer l'impact du changement climatique sur l'entreprise. Il est disponible via l' «espace dirigeant» de la société, sur le site Internet de la banque. Une application, macarto-climat.fr, est également disponible. Elle est proposée par l'Amrae, Association pour le management des risques et des assurances de l'entreprise, l'Ademe, Agence de la transition écologique, et Bercy.