Ingénieur agricole de formation, Thomas Defive a travaillé pendant une quinzaine d’années dans le négoce agricole, dans le Béthunois puis en région parisienne. Avant de décider de changer de métier en 2022 et de s’associer à son père, Jean-Pierre, fraîchement retraité, pour créer l’Huilerie d’Artois.
Installée dans une ancienne écurie, l’entreprise repose sur une idée simple : transformer localement des graines oléagineuses produites dans un rayon d’environ 100 kilomètres . «L’idée initiale, c’était vraiment de transformer des productions ultra-locales en huiles végétales». Un projet aussi lié à une histoire régionale largement méconnue. «Les Hauts-de-France ont longtemps été une grande région oléicole avec les anciens moulins à huile, appelés tordoirs, qui servaient notamment à extraire l’huile de colza».
100 tonnes de graines par an
Depuis son démarrage, l’Huilerie d’Artois a progressivement diversifié ses marchés. Vente directe sur les marchés de producteurs, épiceries fines, grande distribution, transformation à façon… Elle s’adresse désormais à plusieurs types de clients. Depuis 2026, elle fournit également la restauration collective, notamment des collèges et lycées du Nord et du Pas-de-Calais. «On travaille principalement sur ces deux départements pour l’instant, avec cette volonté de répondre à la demande des collectivités qui souhaitent davantage travailler avec des acteurs locaux».
L’entreprise presse aujourd’hui près de 100 tonnes de graines par an, principalement du colza, mais aussi du lin, de la caméline ou encore du chanvre. «Une tonne de colza permet par exemple d’obtenir entre 350 et 400 litres d’huile» rappelle Thomas Defive. «Après les premières années consacrées à l’installation et aux tâtonnements commerciaux, on commence doucement à en vivre. Nous devrions d’ailleurs boucler un premier recrutement dans les prochaines semaines, notamment pour développer la commercialisation».
L’entreprise entend également valoriser au maximum ses matières premières. Après extraction de l’huile, les tourteaux, riches en protéines et en fibres, sont destinés à l’alimentation animale et des recherches sont menées pour envisager leur transformation en farine dédiée à l’alimentation humaine.