Dans la Meuse, la question du financement de la prévention des incendies prend une nouvelle dimension alors que les épisodes de chaleur et de sécheresse peuvent favoriser la propagation des feux. À l’échelle nationale, le Comité national contre le tabagisme (CNCT) soutient une proposition de loi portée par le député Yannick Neuder visant à faire contribuer directement les fabricants de cigarettes. Le texte prévoit une contribution de 15 euros pour 1 000 cigarettes vendues, qui représenterait, selon le CNCT et sur la base des ventes de 2025, environ 350 millions d’euros de recettes annuelles. Ces fonds seraient consacrés à la prévention des incendies ainsi qu’à la restauration des forêts et des milieux aquatiques touchés par les mégots. Pour la Meuse, la mesure pose aussi la question du financement de la prévention, en faisant davantage contribuer les fabricants de tabac plutôt que les collectivités et les contribuables.
Les incendies posent aussi un enjeu financier
Le débat dépasse le seul problème des déchets. Le CNCT estime que 20 000 à 25 000 tonnes de mégots sont abandonnées chaque année en France et défend une application du principe «pollueur-payeur». La proposition intervient alors qu’un dispositif de gestion des mégots, Alcome, existe déjà depuis 2021. Le projet de loi entend ainsi changer d’échelle en affectant directement une contribution des industriels à la prévention des incendies et à la remise en état des écosystèmes. Dans les territoires forestiers et ruraux, cette mesure pourrait renforcer les moyens dédiés à la prévention des incendies face aux épisodes de chaleur et de sécheresse.