La fuite des ingénieurs ne se joue pas uniquement à la sortie des écoles. Elle pose aussi la question du renouvellement des vocations scientifiques, notamment chez les jeunes filles. Le deuxième baromètre de la Fédération Syntec, réalisé avec Ipsos BVA, indique que 15% des ingénieurs travaillent aujourd’hui à l’étranger, contre 13% en 2023. Dans le même temps, les femmes restent minoritaires dans les formations d’ingénieurs.
Cette problématique concerne aussi la Meuse, où l’industrie représente un débouché important pour les jeunes formés aux sciences et aux technologies. En 2025, 24 lycéennes de Meuse, de Moselle et de Meurthe-et-Moselle avaient participé au Challenge Innovatech organisé à Nancy. Parmi les établissements représentés figuraient le lycée Alfred Kastler de Stenay et le lycée Henri Vogt de Commercy. Pendant une journée, lycéennes, étudiantes et marraines issues notamment de groupes industriels ont travaillé sur des projets liés à l’industrie du futur, à la cybersécurité, aux transports ou encore à l’alimentation.
Les vocations féminines deviennent un enjeu industriel
Le ministère de l’Éducation nationale a généralisé en 2026 le plan «Filles et maths», qui prévoit notamment des rencontres avec des professionnelles et des dispositifs destinés à renforcer la présence des jeunes filles dans les parcours scientifiques, d’ingénierie et du numérique.
À l’échelle régionale, l’ENSGSI de Nancy indique accueillir 40 à 50% de jeunes femmes dans ses promotions et assure la co-délégation Lorraine de l’association Elles Bougent, qui travaille sur la mixité des formations et des métiers scientifiques et techniques. Pour la Meuse, ces passerelles entre lycées, enseignement supérieur et entreprises constituent un enjeu concret de renouvellement des compétences industrielles.