Créé en 1976 pour accompagner la filière nucléaire, le site Neotiss de Venarey-les-Laumes continue à travailler pour ce secteur puisque 95% des tubes en métal roulés soudés qui y sont fabriqués s’y destinent. Le reste de la production s’adresse à la pétrochimie, la production d’énergie, le refroidissement et peu à peu à l’aéronautique. «C’est un marché porteur qui compte beaucoup d’acteurs avec lesquels s’engager dans la durée. Alors que l’automobile s’essouffle puisque les tubes concernent plutôt les véhicules thermiques, l’aéronautique permet de se projeter à long terme» explique Farid Ajaaoun, directeur du site. Pour l’heure, les tubes de Neotiss rejoignent principalement les condenseurs utilisés dans le circuit de refroidissement secondaire des centrales et EPR. «En 2025, nous avons produit 4 300 kilomètres de tubes» souligne le dirigeant.
Penser sur le long terme
Arrivé en 2023 à son poste, Farid Ajaaoun a mis l’accent sur deux axes : améliorer l’existant et s’ouvrir au marché de l’aéronautique. En 2024, avec le soutien de BPI France, Neotiss a doté l’une de ses deux lignes laser d’un laser fibré. «L’équipement s’appuyait sur une ancienne technologie datant d’une vingtaine d’années» explique-t-il. Le site a également résolu un problème de panne récurrent en remplaçant plusieurs armoires électriques. Pour répondre à l’aéronautique, l’industriel a mis en place une ligne de formage long. «Cette étape de la production du tube répond aux exigences propres à ce secteur et nous a permis de préparer la suite de nos investissements» assure Farid Ajaaoun. En 2025, Neotiss a poursuivi en débloquant une enveloppe de 880 000 euros pour mettre l’accent sur la sécurité du bâtiment et sur le contrôle non destructif. «Nous avons poursuivi l’ouverture à l’aéronautique en faisant l’acquisition d’outillage nécessaire aux essais produits» complète-t-il.
Poursuivre sur la lancée
Sur la période 2026–2027, grâce au Fonds vert qui finance le projet à hauteur de 10%, Neotiss engage cette fois 2,5 millions d’euros. Cet investissement portera sur l’intégration d’un nouvel équipement dédié à l’ailettage. Cette opération industrielle consiste à déformer le tube dans sa masse pour en augmenter la surface d’échange et ainsi ses performances à volume équivalent. «C’est un poste stratégique qui définit la production globale du site. Nous allons donc augmenter les capacités de la ligne pour passer de 1 000 à 2 000 kilomètres de tube et ainsi améliorer notre diversification» prévoit le directeur du site. Ces fonds permettront de moderniser les installations électriques, de déployer la technologie laser fibré et d’optimiser le contrôle non destructif. Pour accompagner ce saut technologique, Neotiss recrutera 23 collaborateurs en 2026, renforçant son effectif de 95 salariés, chacun bénéficiant d’un parcours d’intégration et d’un tutorat personnalisé.
Pour Aletheia Press, Nadège Hubert