L’annonce a créé l’émoi dans le Vimeu. Entreprise française, familiale, fondée en 1872 à Feuquières-en-Vimeu, Decayeux a annoncé ce lundi sa décision de se placer sous la protection du tribunal de commerce de Lille pour une période de six mois. Deux administrateurs et deux mandataires ont été désignés.
«Livrer nos clients»
Cette démarche stratégique vise à accélérer la refondation de l'entreprise et à garantir la continuité de son activité de production sur le territoire français. La société de 200 salariés est spécialisée dans la fabrication de quincaillerie, notamment de boîtes aux lettres et de portes.
Elle explique qu’après avoir mené à bien sa restructuration industrielle sur les douze derniers mois, elle franchit une nouvelle étape dans sa relance. Cette procédure de sauvegarde permettra à l'entreprise de geler ses échéances passées et de se concentrer pleinement sur la livraison de son carnet de commandes : «Cette décision technique va nous permettre de livrer nos clients et de ramener nos délais à la normale sur nos gammes de boîtes et de portes, précise Stéphane Decayeux, à la tête de l’entreprise depuis janvier 2025. Il s'agit d'un acte de gestion qui limite les risques liés au passé tout en assurant la continuité de notre activité».
«Croire au Made in France»
Le document indique aussi que malgré les difficultés du marché et les désengagements de certains organismes financiers, Decayeux a maintenu son activité grâce à la mobilisation de ses équipes et à la confiance de ses partenaires commerciaux, donneurs d'ordre et fournisseurs de matières premières. L'ensemble des commandes continuera d'être intégralement produit sur le site industriel de Feuquières-en-Vimeu.
«Nous continuons à croire que le Made in France, lorsqu'il est accompagné d'un outil automatisé performant, a encore un avenir», continue Stéphane Decayeux. En novembre 2023, il était heureux de montrer le dernier investissement d’un montant de près de 2 millions d’euros réalisé sur le site : une machine de 38 mètres de long bénéficiant d’une technologie de pointe.
De marque italienne, la Prima Power intègre les processus de poinçonnage, cisaillage, stockage intermédiaire et pliage automatique en une seule solution. Les blocs collectifs sortant en kit complet permettant aux soudeurs de les assembler directement en bout de ligne. Elle offrait une avancée technologique importante dans l’automatisation et la digitalisation, réduisant la pénibilité tout en permettant d’économiser 40% de consommation électrique et de baisser les rebuts de 20%.
Stéphane Décayeux s’attendait à une crise des métiers du second œuvre du bâtiment mais il entendait gagner en productivité pour mieux exporter ses blocs collectifs connectés, notamment en Amérique du Nord. À ce jour, une partie des salaires de janvier n’avait pas été versée. Le syndicat CGT, qui a évoqué «de mauvais investissements», entend rester positif.