Trois personnes ont été mises en examen après le démantèlement d'un réseau de trafiquants de cigarettes de contrefaçon destinées à la métropole lilloise, pour un préjudice estimé à 12 millions d'euros, selon un communiqué de la gendarmerie diffusé vendredi.
Les interpellations ont eu lieu mardi au cours d'une opération judiciaire menée par la Section de recherches (SR) de Lille dans le cadre d'une enquête ouverte par le procureur de Lille, précise ce communiqué de la gendarmerie nationale. Les investigations avaient débuté en avril grâce à un renseignement obtenu par les gendarmes.
Les mis en examen sont la "tête de réseau" présumée et deux revendeurs, a précisé à l'AFP la lieutenante-colonelle Cécile Lambert, qui dirige la SR de Lille. Deux des mis en cause avaient des antécédents judiciaires, dont l'un pour trafic de stupéfiants, a-t-elle ajouté.
L'enquête a permis d'établir que 120 convois ont été effectués depuis la Belgique vers la métropole lilloise depuis décembre 2025, précise le communiqué de la gendarmerie. "Chaque convoi (permettait) en moyenne l'importation d'environ 7.500 paquets de cigarettes", soit une valeur marchande estimée à 12 millions d'euros.
Les cigarettes étaient ensuite écoulées sur les réseaux sociaux, notamment Snapchat, a précisé Mme Lambert.
Les cigarettes, qui imitaient l'identité visuelle de Marlboro, étaient vendues dans des paquets neutres similaires à ceux que l'on trouve sur le marché français, a expliqué à l'AFP Daniel Bruquel, chef du service prévention du commerce illicite chez Philip Morris.
Le trafic de cigarettes de contrefaçon est "un phénomène assez vif depuis quelques mois voire quelques années", assure M. Bruquel. Les cigarettes contrefaites ont représenté, en 2025, 19,5% de la consommation totale de cigarettes en France, pointe-t-il.
En Belgique, "pays majeur de production de contrefaçons de cigarettes", onze usines clandestines ont été démantelées depuis le début de l'année, ajoute-t-il.
Les perquisitions menées chez les trois mis en examen et dans leurs lieux de stockage, ainsi que chez une quatrième personne entendue en tant que témoin libre, ont permis la saisie de "600 cartouches de cigarettes contrefaites (...), 223.500 euros en numéraire" et "divers produits stupéfiants", dont un kilogramme de cannabis et 400 grammes de cocaïne, selon le communiqué de la gendarmerie.
"Les investigations ont permis d'ouvrir une procédure incidente pour blanchiment aggravé et travail dissimulé", précise la gendarmerie, assurant que des saisies pourraient avoir lieu dans le cadre de cette enquête.