Nouveau cas de dermatose en Ariège, des blocages persistent en Occitanie
Un nouveau cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été détecté en Ariège, où un troupeau de 113 vaches était en cours d'abattage vendredi, alors que la mobilisation contre la gestion gouvernementale...
Un nouveau cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été détecté en Ariège, où un troupeau de 113 vaches était en cours d'abattage vendredi, alors que la mobilisation contre la gestion gouvernementale de la crise épizootique persiste en Occitanie.
"C'est un troupeau qui était vacciné depuis une quinzaine de jours" et dont l'abattage a débuté dans la matinée vendredi à Léran, a indiqué à l'AFP Philippe Lacube, président de la chambre d'agriculture de l'Ariège.
Ce nouveau cas porte à 116 le nombre total de foyers détectés depuis l'apparition de la maladie en France en juin dernier.
Ce troupeau "avait été vacciné le 18 décembre, et n'avait donc pas encore atteint l'immunité vaccinale", qui requiert 21 jours après l'injection, a-t-on précisé au ministère de l'Agriculture.
Une zone est considérée comme vaccinée, selon la réglementation européenne, lorsque 95% des élevages représentant 75% des bêtes de la zone ont été immunisés: un seuil atteint dans les départements de l'Ariège et des Pyrénées-Orientales.
Dans les dix départements du Sud-Ouest engagés dans la campagne de vaccination, 506.741 bovins, soit 70,2% du cheptel concerné, ont reçu une injection, selon un bilan du ministère de l'Agriculture, actualisé au 2 janvier.
Cri du coeur
Depuis la mi-décembre, la contestation enfle dans les campagnes contre la stratégie d'abattage systématique du troupeau dès qu'un cas est détecté: le "seul moyen" pour éradiquer cette maladie extrêmement contagieuse, a régulièrement affirmé la ministre de l'Agriculture Annie Genevard.
Début décembre après la détection d'un premier foyer en Ariège, la mobilisation avait été très forte pour tenter d'empêcher l'abattage du troupeau.
Cette fois, à Léran, les éleveurs ont accepté le protocole et "ne veulent pas de blocage chez eux", a précisé Angel Alegre, co-porte-parole de la Confédération paysanne du département, qui a tenu un barrage filtrant à Mirepoix vendredi pour "informer l'État qu'(ils) ne se (laisseraient) pas faire, pas abattre".
Dans cette commune située à une vingtaine de kilomètres de l'exploitation touchée, des dizaines d'élus locaux se sont rassemblés à l'appel des maires ruraux de France pour défendre les agriculteurs et échanger avec le préfet de l'Ariège, Hervé Brabant.
"C'est une souffrance totale, on a un genou à terre... Le gouvernement ne nous entend pas. On continue d'abattre des troupeaux vaccinés. Monsieur le préfet, c'est insupportable, c'est un cri du cœur mais aussi un cri du doute", a déclaré M. Lacube, estimant qu'il fallait passer à "un abattage sélectif", une fois les troupeaux immunisés par la vaccination.
"La problématique de l'abattage total d'un cheptel vacciné interroge. Mais l'immunité n'étant pas acquise, la règle c'est qu'on continue d'abattre le troupeau", a déclaré M. Brabant appelant à "l'apaisement" sous les invectives de certaines des 200 personnes présentes.
Annonces dès dimanche
"C'est assez simple pour l'État, de faire non pas machine arrière, mais machine avant" en faisant évoluer le protocole pour éviter l'abattage total des troupeaux, estime Angel Alegre, tout en indiquant ne pas attendre "grand-chose" sur le sujet lors des rencontres entre syndicats et gouvernement prévues lundi et mardi à Paris.
Des mesures en faveur des agriculteurs seront prises "tout au long du mois de janvier", avec de premières annonces de la ministre de l'Agriculture dès dimanche, a rapporté vendredi l'entourage de Sébastien Lecornu. Le Premier ministre prévient toutefois qu'il faudra un budget pour les mettre en œuvre.
Depuis le début de l'épidémie de DNC en Savoie cet été, l'État tente de contenir la propagation du virus en se basant sur "trois piliers": l'abattage systématique, la vaccination - autour des foyers et généralisée dans 10 départements du Sud-Ouest - et la restriction de mouvements au sein de zones réglementées.
La Coordination rurale et la Confédération paysanne sont en pointe de la contestation, avec un appui local des sections FNSEA et des Jeunes agriculteurs - alors qu'au niveau national, ces deux derniers syndicats appuient la stratégie sanitaire actuelle.
En Occitanie, des blocages routiers persistent vendredi sur l'A75 en Lozère et sur l'A64 en Haute-Garonne, selon la gendarmerie.
L'intersyndicale de Haute-Garonne a appelé à un défilé à pied samedi dans Toulouse. Le cortège d'agriculteurs se rendra notamment sur la place du Capitole avec des croix symbolisant les vaches abattues dans le département.
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