Les industries créatives et culturelles (ICC) sont essentielles à la tenue économique d’un pays. En France, en 2024, elles représentent 1 million d’emplois et 102 milliards d’euros de chiffre d’affaires. De quoi faire de la culture et de la création françaises, et qui plus est francophone accompagné par la Belgique, l’Afrique francophone ou encore le Québec, une place forte au niveau international ? Eh bien non, pas tant que ça. Les industries créatives et cultures francophones se trouvent perdues dans un océan anglophone, et le PIX Festival tente de trouver des solutions pour qu’elles émergent et s’installent durablement.
Car la langue française a des atouts, notamment celui d’être parlée par 300 millions de personnes à travers le monde, en plus d’avoir des spécificités régionales qui font sa diversité. «Il faut faire de ce commun une force», assène Emmanuel Delamare, Directeur général d’EuraCreative. Un commun qui doit aider à la mise en place de partenariat entre les territoires, comme c’est le cas entre la France et le Québec, et bientôt entre la Belgique et la France. Cela doit permettre d’aller plus loin que la francophonie, avec la création à terme d’une grande région de création qui réunirait la Belgique, la France et l’Allemagne par exemple afin de «créer un nouveau marché pour distribuer les créations plus facilement et faire de la coopération européenne», explique Delphine Jenart, qui gère la coordination écosystème de la créativité numérique «wake! by Digital Wallonia».
Une fenêtre souveraine
Pour mettre en avant les créations francophones, les différents pays se doivent d’être «offensifs», selon les mots d’Emmanuel Delamare, en prenant exemple sur le Corée du Sud. Le pays du matin calme a mis en place une politique de soft power importante et efficace sur les plateformes américaines afin de faire valoir leurs créations et leur culture, et le résultat est payant, puisque la musique et les séries coréennes sont mondialement connues. Dimitri Gourdin, CEO de Zù, incubateur québécois, déplore que les pays francophones s’appuient uniquement sur les gouvernements pour faire la promotion de la culture, comme c’est le cas au Québec par exemple. «Il faut aussi compter sur les entreprises privées pour cela, mais elles ne jouent pas leur rôle pour aider l’écosystème», contrairement aux pays anglo-saxons. «Nous devons avoir un alignement politique, économique et culturel», ajoute-t-il.
Plusieurs solutions ont été proposées pour mettre en avant les ICC francophones : avoir un plan de diffusion accompagné d’une augmentation de la production, calmer la légifération, travailler sur un narratif commun et mettre en avant la symbolique, «comme une journée mondiale de la culture francophone», précise Delphine Jenart. Alors que la question de la souveraineté militaire et numérique est sur toutes les lèvres, Dimitri Gourdin considère qu’elle peut aussi être considérée pour la culture. «Il faut nous emparer de ce sujet». Un travail de longue haleine qui prend son départ à Tourcoing et qui devrait rejoindre les grandes capitales francophones rapidement.