Des vagues de chaleur à répétition prenant tout le monde de court, des ressources en eau qui se réduisent comme peau de chagrin, des alertes sécheresse au summum et un thermomètre qui s’enflamme : bienvenue dans la réalité et dans les nouvelles normes climatiques si rien ne change vraiment ! Jamais la concrétisation d’un plan herbe dans la région n’aura tant collé aux préoccupations du moment. Début juillet, celui dit «de l’Ouest Vosges» a été signé dans une exploitation de Suriauville en présence des communautés de communes Terre d’Eau, de l’Ouest Vosgien, des Vosges Côté Sud-Ouest, de l’Agence de l’eau Rhin-Meuse et de la préfecture des Vosges. Objectifs : aboutir à un territoire résilient face à la ressource en eau et accompagner parallèlement les agriculteurs dans leurs pratiques afin de leur offrir une activité économiquement viable en privilégiant l’élevage à l’herbe et la préservation des prairies. Lancés il y a trois ans pour la première fois en Meuse, les plans herbe se sont multipliés dans la région et commencent à enregistrer des résultats probants. «La protection de l’eau n’est plus seulement une politique environnementale, elle devient une politique de l’aménagement du territoire, une politique agricole, une politique économique et une politique de santé publique». Par ces mots, Christian Prévot, le président de la communauté de communes Terre d’Eau, résume à lui seul l’importance de ce partenariat conclu pour la période 2026-2028, histoire de faire de l’eau un vrai bien commun à préserver. Comme un peu partout dans l’Hexagone, les prairies de l’Ouest des Vosges s’apparentent à un patrimoine naturel et agricole essentiel. Elles jouent un rôle déterminant dans la protection de la qualité de l’eau, la recharge des nappes phréatiques, la limitation du ruissellement, le stockage de carbone et le maintien de la biodiversité.
Prairies en régression
«Nous avons la chance de compter sur notre territoire plusieurs espaces remarquables, intégrés au réseau européen Natura 2000. Cette reconnaissance témoigne de la qualité de nos paysages, de la richesse de notre faune et de notre flore, mais aussi de l’équilibre qui s’est construit au fil des générations. Les agriculteurs, et plus particulièrement les éleveurs, sont les premiers artisans de la biodiversité. Les meilleurs résultats sont obtenus lorsque les agriculteurs deviennent pleinement acteurs de la préservation des milieux naturels», constate Alain Roussel, le président de la communauté de communes Vosges Côté Sud-Ouest. Reste que, d’une manière générale, ces surfaces régressent depuis plusieurs décennies sous l’effet des difficultés rencontrées par les filières d’élevage, des évolutions des pratiques agricoles (agriculture intensive) et du changement climatique. Auxquels se surajoutent un vieillissement des exploitants (pyramide des âges oblige) et des difficultés à transmettre les exploitations. «L’élevage à l’herbe constitue une opportunité pour maintenir des exploitations d’élevage sur nos territoires en garantissant la capacité à produire une alimentation de qualité», assure Michel Lallemand, vice-président de la communauté de communes de l’Ouest Vosgien. «Sans accompagnement, ces évolutions pourraient accélérer la disparition des prairies et dégrader durablement la qualité des ressources en eau. Ce plan herbe est là pour y pallier», explique Xavier Morvan, le directeur général de l’Agence de l’eau Rhin-Meuse. Le programme d’actions du plan herbe repose sur trois axes. Le premier : maintenir l’élevage à l’herbe et préserver les prairies, «en accompagnant les exploitants, en favorisant la transmission des fermes et en renforçant les valorisations des productions herbivores». Puis, développer des systèmes agricoles plus résilients, économes et rémunérateurs, «capables de répondre aux évolutions climatiques et économiques tout en limitant les intrants et en renforçant l’autonomie des exploitations». Enfin, préserver durablement la ressource en eau, «en maintenant les prairies dans les secteurs stratégiques pour l’alimentation en eau potable, en limitant les pollutions diffuses et en encourageant une gestion plus sobre de la ressource en eau». Le plan herbe de l’Ouest Vosges est le sixième signé sur le bassin Rhin-Meuse. Plus qu’une prise de conscience, une nécessité.
Comités en place
Accompagner les éleveurs dans la durée ! Le plan herbe de l’Ouest Vosges s’accompagne d’un comité de pilotage et d’un comité technique. Leur mission ? Assurer le suivi et l’évolution des opérations tout au long de la durée du dispositif jusqu’en 2028.