Haropa poursuit le chantier de la chatière au Havre, une infrastructure destinée à connecter directement Port 2000 au bassin historique et aux plateformes logistiques de la Seine. Lancé pour une durée de deux ans et demi, ce projet doit être livré en 2027.
L’objectif pour le port normand est d'augmenter la part du transport fluvial dans l’acheminement des conteneurs. Aujourd’hui limitée à environ 10%, elle doit à terme doubler.
Depuis mi-février, les travaux du soubassement de la future digue se poursuivent. «À ce stade, près de 75 % du soubassement est réalisé, représentant environ 1 300 mètres de digue déjà constitués sous le niveau de la mer», annonce Haropa. Plus de 600 000 mètres cubes de matériaux ont été installés sur les 776 000 prévus.
Les premiers accropodes posés
Le chantier a franchi une nouvelle étape avec la pose du premier accropode fin avril. Ces blocs de béton, fabriqués sur le quai de l’Asie au Havre, formeront la «carapace extérieure» de la digue longue de 1,8 kilomètre.
Au total, 19 900 unités seront nécessaires. Chacun de ces blocs pèse sept tonnes et contient trois mètres cubes de béton. Leur forme spécifique en H permet un emboîtement renforçant la résistance de l’ouvrage face à la houle. Haropa assure également avoir intégré les projections climatiques dans la conception de l’ouvrage, dimensionné pour une durée de vie de 50 ans.
«Près de 7 000 accropodes ont déjà été produits», annonce Haropa. Le chantier mobilise actuellement près de 80 personnes, un effectif qui devrait dépasser la centaine lors du pic d’activité.
Une première opération de microminage ce 19 mai
En parallèle, une première opération de microminage de la digue sud du port historique doit se tenir ce 19 mai en soirée. Réalisée par l’entreprise Térélian, elle permettra de préparer le futur chenal d’accès des navires.
«L’intervention est encadrée par arrêté préfectoral et conduite dans des conditions strictes de sécurité», explique Haropa. Concrètement, cette intervention «repose sur l’utilisation de faibles charges explosives permettant de fragmenter la structure de manière contrôlée[...] Des dispositifs spécifiques sont également mis en place, notamment des rideaux de bulles lestés autour de la zone, pour atténuer le bruit sous-marin côté mer. À noter néanmoins, qu’un bruit pourra être perçu par les riverains au moment du tir.»
Le projet représente un investissement total de 197 millions d’euros financé par la Région Normandie à hauteur de 86,05 millions d'euros, par l’État pour 23,6 millions d'euros, par l'Union Européenne pour 11 millions d'euros et par Haropa à hauteur de 76,35 millions d'euros.