Confrontée à la hausse de l’utilisation du protoxyde d’azote à des fins récréatives, la préfecture de Saône-et-Loire a pris un arrêté encadrant strictement son usage. Le texte interdit notamment l’inhalation du gaz, sa consommation à des fins de divertissement, ainsi que la détention, le transport et le port de cartouches, bouteilles ou bonbonnes sans justification légitime. L’abandon de ces contenants sur la voie publique est également proscrit. Initialement destiné à des usages professionnels, notamment dans les domaines médical, industriel ou alimentaire, le protoxyde d’azote est de plus en plus détourné pour ses effets euphorisants. Les autorités estiment que ce phénomène touche désormais une partie de la jeunesse du département et justifie une intervention pour limiter sa diffusion. L’arrêté restera en vigueur jusqu’au 30 octobre 2026.
Des conséquences parfois dramatiques
Les services de l’État rappellent que la consommation de ce gaz peut entraîner des effets immédiats graves, comme une perte de connaissance, des vertiges, une désorientation, des brûlures liées au froid ou encore des risques d’asphyxie. À plus long terme, une consommation répétée peut provoquer des atteintes neurologiques, des carences en vitamine B12, des troubles psychiques, de l’anémie ou encore des accidents vasculaires cérébraux. Plusieurs faits divers récents ont renforcé les inquiétudes des autorités. En décembre 2025, trois adolescents ont perdu la vie dans un accident de la route dans le Gard, où des bouteilles de protoxyde d’azote ont été retrouvées dans le véhicule. D’autres incidents impliquant des conducteurs sous l’emprise de ce gaz ont également été signalés. La Saône-et-Loire rejoint ainsi plusieurs territoires ayant déjà adopté des mesures similaires, parmi lesquels le Jura, le Doubs, l’Ain, le Gard et la ville de Paris.