François Bayrou a de nouveau plaidé, vendredi en ouverture de l'Université de rentrée du MoDem, pour une primaire allant de la droite à la gauche modérée, en présence de Bernard Cazeneuve qui, s'il a appelé au "rassemblement", est resté prudent sur ce mode de désignation.
En ouverture des travaux du parti centriste à L'Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse), M. Bayrou a pointé "le risque" qui "s'aggrave chaque jour" de "la prééminence électorale et de la présence au deuxième tour de deux forces qui sont chacune pour leur compte et conjointement mortelles dans leurs conséquences pour le pays", le Rassemblement national et La France insoumise.
Dans cette configuration, a-t-il plaidé, ni la droite, ni la gauche, ni le centre ne peuvent, seuls, "imaginer" avoir "la possibilité de conduire ce pays, faute d'une majorité suffisamment large, reconnue et légitime" après la présidentielle et les législatives qui pourraient suivre.
"C'est seulement si nous sommes capables de construire ce grand ensemble, cette grande coalition, que nous avons un petite chance, et de remporter l'élection, et de conduire le pays à affronter les extrêmes difficultés qui sont devant nous", a développé M. Bayrou.
Autrefois, "quand on devait organiser une sélection - on appelle ça une primaire - c'était à l'intérieur du camp. Nous, notre vision n'est pas du tout celle-là", a-t-il ajouté.
Le président du MoDem plaide depuis cet été pour une primaire du "grand courant central", les candidats déclarés, Édouard Philippe et Gabriel Attal manquant à ses yeux de la "légitimité" d'une désignation.
Particulièrement applaudi, l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve a lui aussi évoqué "la nécessité de la responsabilité et du rassemblement" pour éviter la "confrontation annoncée entre les deux dégagismes" RN et LFI.
"Le temps n'est pas à l'inventaire de ce qui nous différencie, mais le temps est à la nécessité de regarder ce qui nous rassemble, ce qui nous agrège, c'est-à-dire de créer les conditions de cette coalition des engagés", a-t-il ajouté.
Interrogé en marge de son discours sur cette idée d'une primaire, M. Cazeneuve a répondu: "Je viens d'une famille politique (le Parti socialiste, NDLR) où la démonstration n'a pas encore été faite que la primaire permettait d'éviter les problèmes". Mais "je rejoins François (Bayrou) sur le fait qu'il faut trouver un moyen d'agréger les forces", a-t-il ajouté.
Xavier Bertrand, Thierry Breton ou encore Jean-Louis Borloo doivent intervenir lors de la rentrée du MoDem, qui s'achève dimanche.