Le verrier emblématique d’Arques voit son redressement judiciaire se resserrer : au mercredi 18 février, seule l’offre de Timothée Durand reste en lice après le retrait surprise de Patrick Puy. Ce dernier, ex-président de l'entreprise, avait présenté un plan de relance sans suppressions de postes et demandé un report des échéances pour le finaliser. Il a finalement annoncé retirer son offre de reprise. «J'avais besoin d'au moins un mois supplémentaire pour faire les choses sérieusement», a-t-il précisé mardi 17 février au soir.
Arc France a été placé le 7 janvier en redressement judiciaire en raison d'une «dégradation sévère et continue» de son environnement de marché, entre concurrence étrangère, chinoise notamment, et crise dans le secteur des arts de la table. Le jour-même, un projet de reprise avait été annoncé, porté par Timothée Durand, petit-fils d'un dirigeant emblématique d'Arc où il a passé la majeure partie de sa carrière, jusqu'en 2024. L'entreprise avait aussitôt qualifié l'offre de «sérieuse» et «réaliste». Elle porte sur l'ensemble du groupe bicentenaire qui emploie 5 700 salariés dans le monde dont 3 500 à Arques, où sont basés sa principale usine et son siège social. Timothée Durand s'est associé avec Matthieu Leclercq, ancien patron de Decathlon, pour financer un projet chiffré à 50 millions d'euros.
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Fondé en 1825, le célèbre verrier produit notamment des verres et ustensiles (marques Arcoroc, Luminarc, Cristal d'Arques Paris et Chef&Sommelier), mais aussi des produits d'entrée de gamme pour le géant suédois Ikea. Signe de difficultés récurrentes, ses effectifs ont été presque divisés par trois depuis les années 2000. Le groupe a bénéficié par le passé de multiples plans de refinancement soutenus par l'État et les collectivités locales, le dernier il y a un an à peine, avec un nouveau prêt de l'État de 30 millions d'euros.