Expérimenté depuis 2023 dans une quarantaine de territoires pilotes, dans le cadre de la réforme instaurée par la loi pour le plein emploi, l’accompagnement dit «rénové» des allocataires du RSA a été testé dans le nord-meusien, dès mars 2024. Centrée sur l’accompagnement renforcé et individualisé des usagers, cette démarche partenariale a bénéficié, en deux ans, à 520 parcours d’insertion avec un résultat encourageant autour de 35% de retour à l’emploi et de 22,5% de sorties du RSA à six mois. Si l’accompagnement dit rénové consiste à consacrer davantage de temps à chaque bénéficiaire pour «traiter de ses problématiques particulières, en évitant de plaquer des outils standardisés et en s’adaptant aux réalités locales», selon Stéphane Perrin, vice-président du Département de la Meuse, en charge de l’insertion, la collectivité a fait le choix d’installer son équipe dédiée dans les locaux de France Travail à Verdun, afin de favoriser les liens directs et gagner ainsi en efficacité. Autre spécificité meusienne, l’équipe pluridisciplinaire a été renforcée avec le recrutement d’une infirmière spécialement dédiée à la gestion des freins liés aux problèmes de santé, empêchant l’accès à l’activité.
Généralisation en cours
En 2026, une nouvelle étape sera franchie dans ce territoire rural avec une généralisation de l’expérimentation sur les bassins d’emploi de Commercy et Bar-le-Duc avec une même méthodologie et un renforcement des travailleurs sociaux. Les équipes sont en cours de constitution et devraient être opérationnelles en mai. Engagée depuis déjà plusieurs années dans des actions d'insertion, la Meuse a vu le nombre de foyers bénéficiaires du RSA réduire, passant de 5 000 en 2021 à 4 000 aujourd’hui. Les initiatives se veulent aussi transversales avec une plateforme de mobilité instaurée pour justement «trouver des solutions à des personnes qui n’en ont pas». Si la réussite est saluée, Stéphane Perrin rappelle que «les parcours ne sont pas linéaires» et appelle de ses vœux à «une mobilisation généralisée de tous les acteurs alors que l’effort du Département se veut volontariste».