Le château royal de Senlis est un trésor historique, archéologique et patrimonial. Construit sur le site d’une ville romaine Augustomagus, il se protégera au IIIe siècle des invasions barbares par un rempart gallo-romain et 30 tours en grande partie conservées. L'actuel château qui s’appuie sur la muraille romaine et ses deux tours, a été bâti sur ce site entre 1120 et 1141 par Louis VI le Gros. Il accueille régulièrement les Capétiens et la famille royale.
Grâce à l’axe Senlis-Paris, colonne vertébrale du royaume, la ville connaîtra à cette époque une grande prospérité. En 1262, St Louis (Louis IX) fonde dans l'enceinte du château un Prieuré. Le dortoir des moines subsiste et a été restauré. Après Henri II (1559), le château sans doute mal entretenu, n’est plus habité par la famille royale. Au XVIe siècle, il sert de siège au Présidial dont les prisons sont toujours visibles. Et en 1793, le château sera vendu comme bien national et enfin racheté par la ville en 1956.
Un château à restaurer d'urgence
Ce château, qui représente la plus ancienne résidence royale encore debout, nécessite des travaux de restauration pour le conserver. Un diagnostic a été réalisé par un architecte en chef des Monuments Historiques mettant en lumière l'ensemble des éléments qui menacent la pérennité du site pour les générations futures : «La situation actuelle n’est satisfaisante, ni en termes de sécurité et de présentation pour les visiteurs, ni en termes de conservation pour le monument», a -t-il constaté.
Une première tranche de travaux d’urgence (d'un montant de 1,5 millions d'euros) sur l’ensemble du château (remparts, tour du prétoire, logis du roi et tour de l’oratoire) est donc prioritaire pour sauver le site de l’état de péril. Sélectionné par le Loto du Patrimoine (le seul projet des Hauts-de-France pour cette édition 2026), le château sera en chantier dès le mois d'avril pour une fin prévue fin 2027.
Mission de sauvegarde
La Mission Patrimoine pour la sauvegarde du patrimoine en péril portée par Stéphane Bern, déployée par la Fondation du patrimoine et soutenue par le ministère de la Culture et FDJ UNITED, a dévoilé les 18 sites emblématiques 2026 des régions de métropole et d’outre-mer. Ces sites bénéficieront du soutien financier de la 9e édition de l’offre de jeux Mission Patrimoine qui sera lancée à la rentrée de septembre 2026. Le montant de la dotation de chacun de ces sites sera annoncé lors des prochaines Journées européennes du patrimoine (19 et 20 septembre 2026).
L'opération originale du Loto du patrimoine repose sur une collecte participative : un partenariat a été établi par une convention pluriannuelle entre la Fondation du patrimoine, le ministère de la Culture et FDJ UNITED, renouvelée en 2025 pour une durée de quatre ans. Pour l'édition 2026, près de 650 nouvelles candidatures ont été déposées. Ainsi, le Loto du patrimoine a permis de signaler 7 000 sites en péril depuis 2018 et des millions de joueurs participent chaque année à la sauvegarde du patrimoine, en jouant aux jeux de grattage et de tirage «Mission Patrimoine».