En bref

Somme : la délinquance baisse pour la première fois depuis cinq ans

Le premier bilan du Plan d’action départemental de restauration de la sécurité du quotidien (PADRSQ) a été présenté à Amiens, ainsi que les chiffres de la délinquance 2025. Pour la première fois depuis cinq ans, la tendance est à la baisse.

Marc Jankowski, Rollon Mouchel-Blaisot, Jean-Philippe Vincentini et Florence Mazeyrat. © Aletheia Press / D. La Phung

Marc Jankowski, Rollon Mouchel-Blaisot, Jean-Philippe Vincentini et Florence Mazeyrat. © Aletheia Press / D. La Phung

Mi-février, le préfet de la Somme, entouré du procureur de la République, de la directrice interdépartementale de la police nationale et du commandant du groupement de gendarmerie départemental, présentait les chiffres 2025 de la délinquance ainsi que le premier bilan du Plan d’action départemental de restauration de la sécurité du quotidien (PADRSQ). 

«C’est une feuille de route opérationnelle que l’on ajuste en permanence», rappelle le préfet de la Somme, Rollon Mouchel-Blaisot. «La méthode semble fonctionner puisque, pour la première fois en cinq ans, nous enregistrons une baisse de la délinquance de 3,4%. C'est un peu différent de la tendance nationale, qui présente des résultats beaucoup plus contrastés», pointe-t-il.

Les vols de fret et de câbles toujours nombreux

En 2025, les atteintes aux biens représentaient 46,5% de la délinquance dans la Somme, soit - 6,1% par rapport à l’an dernier. «En zone gendarmerie, les cambriolages sont en très fort repli, notamment ceux qui visent spécifiquement les commerces et les entreprises», indique le colonel Marc Jankowski, commandant du groupement de gendarmerie départemental. De bons résultats dus notamment au démantèlement de plusieurs équipes spécialisées dans ce type de faits.

De leur côté, les vols de fret et de câbles restent soutenus. «Cela appelle toute notre attention pour 2026», assure-t-il. Autre point de vigilance : la lutte contre les incivilités et les agressions, notamment contre les élus. En 2025, 56 faits ont été recensés, soit une hausse de 34%. «C’est totalement inacceptable, mais il est important de noter que nous restons dans des altercations verbales, en grande partie sur les réseaux sociaux», précise le procureur de la République, Jean-Philippe Vicentini.

La sécurité routière, le point noir

Ce bon bilan global est cependant entaché par les chiffres de la sécurité routière. Si le nombre de tués baisse (- 11% en un an), le nombre d’accidents connaît, lui, une hausse de 16%, tout comme le nombre de blessés (+ 9%). «Il y a un réel incivisme routier dans la Somme. Beaucoup d’opérations de prévention et de sensibilisation ont pourtant été menées, et des chartes ont été signées avec un certain nombre d’entreprises. Nous allons poursuivre la sensibilisation, notamment auprès des employeurs, puisque beaucoup d’accidents concernent des professionnels de la route ou des personnes qui se rendent à leur travail», regrette le préfet de la Somme, qui assure qu’il n’est pas possible de continuer sur cette tendance.

L’alcool, la vitesse, la consommation de stupéfiants et le refus de priorités sont majoritairement en cause. «Il y a un réel problème de comportement. Les refus d’obtempérer sont d’ailleurs en hausse de 18,5% sur l’année écoulée», souligne Florence Mazeyrat, directrice interdépartementale de la police nationale de la Somme.

Les violences familiales et le narcotrafic en baisse

La Somme, y compris en zone rurale, est touchée par le narcotrafic. «2025 a été une année exceptionnelle en matière de lutte contre le narcotrafic», se réjouit Jean-Philippe Vicentini. En plus des arrestations et de la disparition de certains points de deal, 4 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis. Autre motif de satisfaction : la baisse des violences familiales. «En particulier, la proportion de femmes et de mineures victimes de violences intrafamiliales recule», note Marc Jankowski. Des résultats encourageants après deux ans de hausse, mais qui restent à nuancer : les secteurs de Péronne et de Montdidier, restent très touchés par ces violences . «Cela représente environ 2 000 interventions par an», signale le colonel.