Dossier

Université de Rouen Normandie : une année 2026-2027 «déterminante»

Entre nouvelles formations et contraintes budgétaires, l’université de Rouen Normandie engage en 2026 une trajectoire pour retrouver l’équilibre financier d’ici 2028.

«Notre ambition est de faire de l’université de Rouen Normandie une université qui répond aux défis de son époque», annonce Franck Le Derf. Le président de l’université Rouen Normandie (URN) a ouvert cette nouvelle année universitaire en présentant les nouveautés, notamment en matière de formation.

De nouvelles offres de formation

Principale nouveauté de cette rentrée : l’ouverture d’un Parcours d’accès spécifique santé (PASS) sur le campus d’Évreux, au sein du site de Navarre. Dix ans après l’ouverture du dispositif au Havre, l’URN poursuit ainsi le développement des études de santé en dehors de Rouen.

Cinquante étudiants pourront suivre leur première année à Évreux. La formation a suscité près de 1 400 candidatures sur Parcoursup, avec une première promotion «composée à près de 50% de lycéens issus du territoire ébroïcien».

Le dispositif repose sur un enseignement hybride : les étudiants suivent les mêmes enseignements qu’au Havre et à Rouen, en visioconférence et en présentiel. Avec le soutien d’Évreux Portes de Normandie, l’URN a investi près de 200 000 euros dans les équipements nécessaires. À terme, l’objectif est aussi de contribuer à répondre «aux enjeux de démographie médicale en favorisant l’installation des futurs professionnels de santé sur ce territoire actuellement sous-doté.»

D’autres formations viennent compléter cette rentrée, notamment une licence professionnelle de mandataire judiciaire à la protection des majeurs, en partenariat avec plusieurs acteurs seinomarins, une licence professionnelle Management et gestion des organisations avec le lycée Pablo Neruda de Dieppe, ainsi que plusieurs masters dans le domaine de la Santé. Le troisième cycle d’Odontologie débute également à l’UFR Santé.

L’établissement entend ainsi former «les talents dont les territoires ont besoin», tout en produisant «une recherche de haut niveau au service des grandes transitions», en accompagnant l’innovation et en construisant «des liens durables avec le monde socio-économique».

Des tensions financières

Ces évolutions interviennent alors que l’URN doit composer avec des tensions financières structurelles. «Malgré des effectifs comparables à d’autres établissements, elle subit une sous-dotation chronique en subventions pour charges de service public, estimée entre 10 et 60 millions d’euros», considère l’université. Et ce, tandis que les revalorisations salariales nationales non compensées représentent «plus de 13 millions d’euros de surcoûts depuis 2023».

L’établissement vise un retour à l’équilibre financier d’ici 2028. Sa stratégie repose sur la maîtrise des dépenses, sur l'optimisation des ses ressources et le développement de ses ressources propres. Mais, l’établissement alerte : «La réussite de cette trajectoire dépendra cependant de facteurs externes : une revalorisation de la dotation de l’État, une compensation intégrale des mesures salariales, et la sécurisation des financements nationaux. Sans ces ajustements, les efforts engagés ne permettront qu’un rétablissement partiel des marges de manœuvre.»