Portrait

Virey-le-Grand : Aérométal, fier de son outil de production

Aérométal a profité des journées portes ouvertes Choose France, les 30 et 31 mai derniers, pour présenter son activité sur son site de Virey-le-Grand. L'occasion de revenir sur le développement de l'entreprise au fil des deux dernières décennies et de découvrir son site industriel livré en mars 2025. 

Cent vingt personnes ont visité le site flambant neuf de l'industriel Aérométal à Virey-le-Grand à l’occasion des journées Choose France, les 30 et 31 mai derniers. L’entreprise, spécialisée du recyclage et de la valorisation des métaux stratégiques issus des industries de pointe, a ainsi fait découvrir sa capacité d’adaptation ainsi qu'une forte croissance.

Pour comprendre les contours de ce développement, il faut remonter en 2000. Fondée en 1993 pour recycler les aciers inoxydables de l’industrie, Aérométal a débuté le XXIe siècle avec cinq salariés et un chiffre d’affaires de 950 000 euros. La mise en place d’une véritable stratégie de développement technique, commercial et financier, accompagnée de la mise en place de certifications, a conduit l’entreprise vers d’autres horizons, non sans faire face à quelques difficultés.

Faire preuve de résilience

«À chaque crise, nous nous sommes remis en question. Nous y avons vu l’opportunité de développer d’autres choses» souligne Clarisse Maillet, directrice générale de la société. La première crise est survenue en 2007 avec les subprimes. «Il n’y avait plus d’acier inoxydable, il ne nous restait plus que les métaux nobles et spéciaux. Ces métaux sont critiques car rares mais aussi stratégiques car ils se destinent à des secteurs comme la défense, le médical, le nucléaire ou l’aéronautique» détaille la directrice générale.

Aérométal se tourne donc vers le recyclage de ces métaux mais intègre également le recyclage des chutes d’usinage et des copeaux. «Nous avons construit un bâtiment pour le faire» complète la responsable. En 2020, la crise sanitaire frappe de plein fouet. Même si l’activité industrielle se poursuit, l’aéronautique, qui représentait alors 40 % du chiffre d’affaires de l’entreprise, s’arrête nette. «Nous nous sommes ouverts au nucléaire et au médical ce qui nous a permis de maintenir notre chiffre d’affaires. La filière aéronautique est ensuite revenue vers nous» développe Clarisse Maillet.

Un site pensé par ses occupants

Aérométal manque alors de place et propose à ses équipes d’imaginer leur future usine. Avec son architecte Keops, la PMI s’est dotée d’un site de 9 500 mètres carrés à 9,5 millions d’euros dans lequel elle a déménagé en mars 2025. L’industriel compte maintenant 24 salariés, réalise un chiffre d’affaires de 16 millions d’euros et dispose d’un outil au service de la souveraineté industrielle.

Présidente de la CPME de Saône-et-Loire et de la section industrielle de la CPME nationale, Clarisse Maillet liste les conditions indispensables pour garantir cette souveraineté à l'échelle nationale. «Il faut du foncier disponible, des compétences et rendre son attractivité à l’industrie. Il est également indispensable de simplifier les normes pour que les industriels retrouvent lisibilité et visibilité» détaille-t-elle. Mais cela est loin d'être suffisant.

«Nous avons aussi besoin d'une souveraineté énergétique qui assure un prix bas et constant ainsi qu'une commande publique qui sécurise les paiements». La responsable met aussi l’accent sur une nécessaire stabilité fiscale et moins d’imposition sur l’outil de production ou encore sur l'importance de financements pour les projets industriels. «Enfin, il faut intégrer des sujets transversaux comme le logement, la mobilité et la transition numérique !» conclut Clarisse Maillet.

Pour Aletheia Press, Nadège Hubert