La première visite officielle en France du sultan d'Oman Haitham ben Tariq, dont le pays est riverain du détroit d'Ormuz, s'est traduite par une série de contrats pour des groupes français, marquant la volonté des deux pays de renforcer leur coopération au sortir de la guerre dans la région. Le président français et le sultan ont plaidé depuis Paris pour une navigation libre, sans conditions ni restrictions dans le détroit et convenu d'y mener des opérations de déminage conjointes, s'attirant les foudres de Téhéran qui a sommé la France de "ne pas compliquer la situation".
Le géant français de l'électricité EDF a notamment signé un contrat de 3 milliards de dollars pour une station de transfert d'énergie par pompage à Oman, a annoncé l’Élysée, revoyant ainsi à la baisse le chiffre de 4 milliards qui avait d'abord été donné. EDF Power Solutions a signé deux autres contrats, notamment d'un montant de 250 millions de dollars pour le développement d'une centrale photovoltaïque de 500 MW à Al Kamil.
Corridors logistiques
Le second concerne le projet phare omanais "The Island" "alliant énergie renouvelable et infrastructure numérique". Porté par EDF pour le volet énergie, "il vise à faire d’Oman un hub régional en IA, cloud et calcul avancé" avec des centres de données alimentés par les énergies renouvelables. Autre géant français à signer un accord d'importance, dans les services à l'environnement cette fois : le groupe Suez a remporté un des plus gros contrats de son histoire, dans la gestion de l'eau, confirmant ainsi son retour à l'international. Il porte sur un montant de deux milliards d'euros sur 15 ans dans le sultanat.
L'armateur CMA-CGM a de son côté signé un mémorandum d'accord avec l'Oman Investment Authority pour 400 millions de dollars, qui vise à l'impliquer dans la structuration de nouveaux corridors logistiques omanais et la gestion d'un nouveau terminal du port de Sohar, au-delà du détroit d'Ormuz.
Dans l'aérien, un protocole d'accord sur la coopération en matière de gestion du trafic aérien a été signé, et un autre pour la fourniture et l'intégration de deux radars pour l'aviation civile entre Ankaa, un partenaire du groupe d'électronique et de défense Thales, et l'autorité de l'aviation civile omanaise (CAA). Le montant revenant à Thales est de 8 millions de dollars.
Dans l'IA, Terminal 11, la plateforme d'innovation du sultanat, et Station F, le campus parisien de start-ups, se sont accordés sur un programme d'accélérateur de start-up omanaises afin "de tisser des liens entre les écosystèmes d'innovation français et omanais".