En 1988, Pierre Dancoisne reprend l’exploitation familiale et fait rapidement un choix visionnaire en
convertissant le verger en agriculture biologique dès 1991. Passionné par le vivant et la biodiversité, il
développe au fil des années une exploitation diversifiée qui s’étend aujourd’hui sur une vingtaine
d’hectares, avec environ 25 variétés de pommes, des poires, prunes, cerises et autres espèces fruitières.
Au moment de son départ à la retraite, plusieurs acheteurs se sont intéressés aux terres du Santerre et les
propositions de rachat n’ont pas manqué. Mais le producteur, défenseur d’une agriculture paysanne et
d’un modèle indépendant, a préféré transmettre son outil de travail à un repreneur qui partage ses valeurs.
Une reprise évidente
Le repreneur était donc tout trouvé. Guillaume Laskawiec, 35 ans connaît parfaitement le verger. Arrivé à
21 ans après un BTS production horticole comme saisonnier, il a progressivement intégré l’exploitation en
devenant salarié. «Je n’avais pas envie que ce verger devienne un verger conventionnel ou qu’il soit
absorbé par une exploitation plus grande. Si je n’avais pas pu reprendre, je pense que j’aurais changé de
région pour ne pas voir la suite», explique-t-il.
Guillaume souhaite poursuivre le même engagement avec une production biologique, locale et tournée
vers les circuits courts. Une philosophie qui dépasse désormais le seul cadre du verger. Avec son épouse
Emmanuelle, le couple développe également une épicerie locale et bio, créée avec des producteurs
paysans de la région. Dans ce village d’environ 600 habitants, ce petit commerce ouvert depuis le 25 mai
deux fois par semaine ambitionne de devenir un lieu d’échanges autant qu’un point de vente en créant du
lien entre habitants.
Futur développement
De son côté, Guillaume prépare déjà la suite de l’aventure. Il envisage de recruter une personne pour
l’accompagner dans le développement de l’activité. «Je cherche quelqu’un de motivé qui souhaite
travailler dans une culture bio, engagée et militante», souligne-t-il. Entre le travail dans le verger et la
commercialisation les journées sont bien remplies.
Une partie importante de la production rejoint notamment le réseau Norabio, créé à l’origine par Pierre Dancoisne, le reste est distribué auprès des magasins spécialisés, des Amap,Association pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne, et des réseaux de producteurs, ainsi que des magasins bio et des producteurs picards.