Face à l’IA, à l’automatisation et à la dématérialisation croissante des échanges, les cabinets doivent revoir leurs fondamentaux. C’est tout l’enjeu du 81e Congrès des experts-comptables, placé cette année sous le signe de la «(Re)fondation». Derrière ce terme, une question très économique; comment continuer à créer de la valeur quand une partie croissante de la production peut être automatisée ? Les rapporteurs du congrès ont identifié quatre leviers : réglementation, relation client, valeur et compétences, pour sortir progressivement d’un modèle centré sur la production pour développer de nouveaux services.
Se différencier
«Grâce à l’automatisation, nous pouvons sortir de la seule production et faire évoluer le modèle économique actuel pour développer de nouveaux services», souligne Elvire Sekloka. Pilotage, conseil et accompagnement doivent ainsi prendre davantage de place dans l’activité des cabinets. Cette évolution intervient alors que la facturation électronique constitue un autre bouleversement majeur. L’Ordre accompagne les cabinets afin qu’ils puissent eux-mêmes accompagner leurs clients, notamment les TPE et PME qui disposent rarement des ressources nécessaires pour déployer seules cette réforme. La prochaine échéance est fixée au 1er septembre 2027, avec la généralisation de l’obligation d’émission.
Pour les cabinets, l’enjeu est aussi commercial. À mesure que les solutions digitales automatisent certaines prestations, la différenciation doit se déplacer vers le service. «Notre différence ne sera pas le choix d’un logiciel, mais le service, la proximité et la confiance», estime Charlotte Pachabeyian. Cette refondation implique enfin un investissement dans les équipes. Les métiers évoluent, les compétences aussi.
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