Aller au-devant du dirigeant d’entreprise dès que des signaux faibles sont perçus sur l’état de santé de son entreprise ! Et non plus attendre qu’il vienne de lui-même.
Tel un objectif affiché de la Charte de confiance, signée en février dernier entre les différents organismes intervenant dans le champ de l’entrepreneuriat et l’économie (Experts-comptables, Banque de France, Fédération bancaire française, commissaires aux comptes, DGFIP, juges consulaires ou encore Urssaf) dans le cadre du plan d’action de l’État sur l’accompagnement des entreprises.
Elle a été remise en avant dans la région à l’occasion de la présentation des résultats de l’observatoire Image PME pour le 2e trimestre 2026, établis à partir des déclarations de TVA de 49 000 TPE et PME régionales, de l’Ordre des experts-comptables du Grand Est.
«Il y a un changement de temporalité ! En tant qu’experts-comptables, nous détectons précocement les difficultés à venir. Le vrai sujet n’est pas la détection, c’est surtout le moment où l’on en parle au dirigeant, et la capacité à lui proposer autre chose qu’un constat. La Charte de confiance nous engage à ne plus attendre que le chef d’entreprise vienne demander de l’aide parce que lorsqu’il le fait, il est souvent trop tard. Dans le Grand Est, cela suppose que nous travaillions ensemble, entre partenaires qui détiennent chacun une pièce du puzzle», assure Catherine Hanssen, la présidente du Conseil régional de l’Ordre des experts-comptables du Grand Est. «Il nous faut faire connaître cette Charte de confiance et former nos consœurs et collègues experts-comptables. Plusieurs outils sont disponibles (courrier-type, pré-diagnostic, formations à l’anticipation au traitement des difficultés)», assure Catherine Hanssen.
Le dispositif se veut salutaire et son activation s’affiche comme une quasi-nécessité vu le climat conjoncturel général.
Une stabilité apparente
À la fin juin, l’activité des TPE et PME régionales affiche un léger recul de 0,2% par rapport au début de l’année. Derrière cette stabilité apparente, les défaillances régionales progressent de 3,1% et la capacité de remboursement des entreprises se dégrade pour la troisième année consécutive.
Tous les secteurs sont concernés et ceux exposés à la consommation des ménages sont les plus touchés .
Commerce de détail d’habillement : -10,6% au 2e trimestre comparé à 2025, -9% en cumulé depuis janvier 2026.
Restauration traditionnelle : -5,8% au trimestre comme en cumulé ; un consommateur sur trois déclarait en mai avoir réduit ses sorties au restaurant, soit plus du double qu’un an plus tôt.
Boulangerie-pâtisserie : -4,4% au trimestre, -3,4% en cumulé.
Hôtels : -4,1% au trimestre, -3,3% en cumulé.
Débits de boissons : -3,5%, neuvième trimestre consécutif de recul.
Coiffure : -3,6% au trimestre ; les défaillances du secteur progressent de 12,2% au niveau national.
«Le retournement le plus notable concerne les agences immobilières : après une année 2025 en forte croissance (+9,6% en cumulé), elles reculent de 3,7% ce trimestre. La construction, elle, confirme ses difficultés (+0,1% au trimestre, -0,5% en cumulé) après une année 2025 à -3%», note l’observatoire.
«Quelques secteurs restent bien orientés : transports routiers de fret (+6,6%), aménagement paysager (+4,1%), commerce de détail de viandes (+3,9%) et pharmacies (+2,8%)».
Jusqu'à quand...