Installé depuis 2022 à Ailly-sur-Noye, l’élevage de chèvres alpines chamoisées Label Chèvrerie propose des fromages frais et affinés, des yaourts, des glaces, du lait entier et du fromage blanc bio. Des produits distribués dans une trentaine de points de vente dans la Somme et l’Oise, mais aussi au sein du magasin de l’exploitation.
Ouverte seulement six heures par semaine, la boutique ne suffisait cependant plus à répondre à la demande. «Entre l’exploitation, la production, les livraisons, l’élevage, les visites et la vie privée, il était impossible d’allonger les horaires», explique Marion Coulombel, fondatrice de Label Chèvrerie. Le distributeur automatique s’est alors imposé comme une évidence
Succès dès son ouverture
Le distributeur de 42 casiers, installé il y a trois semaines, propose l’intégralité de la gamme, à l’exception des glaces. «C’est un axe de développement», précise Marion Coulombel, qui réapprovisionne plusieurs fois par jour l’installation. Facile d’accès et d’utilisation, l’outil a très rapidement trouvé son public. «Nous captons de nouveaux clients», souligne Marion Coulombel.
C’est exactement le cas de Romain et Émilie, habitants de Sains-en-Amiénois, qui s’arrêtent pour la première fois. «Nous avons vu une publication sur les réseaux sociaux et nous passons régulièrement par ici... C’est une bonne surprise», notent-ils. Les habitués, eux, profitent du dispositif pour venir entre les jours d’ouverture. «Cela les encourage finalement à consommer davantage», sourit la productrice. Au-delà de la commodité, Marion Coulombel voit dans le distributeur «une porte d’entrée vers le magasin».
Des valeurs fortes
Fille d’agriculteurs, Marion Coulombel a décidé de quitter le marketing pour monter son exploitation caprine bio en 2018. Trois ans de travail auront été nécessaires avant que les premiers fromages ne sortent. «Aujourd’hui, nous sommes arrivés à ce que je voulais en matière de transparence, de bien-être animal, mais aussi en termes d’équilibre économique» assure celle qui ouvre très régulièrement son exploitation aux visites. «Les gens qui viennent peuvent voir les chèvres. Nous avons aussi installé de grandes vitres pour montrer notre façon de travailler dans le labo», détaille Marion Coulombel.
L'exploitation fonctionne en flux tendu. «Nous n’avons pas de stocks : le lait de la traite est immédiatement transformé. C’est aussi ce qui fait la qualité de nos produits», note-t-elle. Épaulée par son mari Fabien et une apprentie, elle n’envisage cependant pas d’embaucher une troisième personne pour soulager des semaines de 70 heures. Trop risqué sur le plan financier. «Nous avons aujourd’hui 50 chèvres, quatre boucs, mais aussi quelques vaches et des cultures : c’est très prenant. Cela m’a permis d’apprendre beaucoup de choses sur moi et je crois pouvoir dire que je suis fière de ce que nous avons accompli», conclut Marion Coulombel.