En bref

À Allonne, la bijouterie Azuline mise sur l’intelligence artificielle

Renforcement de la présence en ligne, déménagement de la boutique historique... Presque trentenaire, la bijouterie beauvaisienne Azuline connaît une profonde transformation, ce qui a valu à son dirigeant de recevoir le prix de l’innovation de la CCI de l’Oise.

Passé par HEC et le groupe LVMH, Nicolas Buquet a toujours eu la fibre entrepreneuriale. Il y a seize ans, il a donc naturellement repris la bijouterie Laurine, fondée à Beauvais par sa mère et l’une de ses amies. Devenue Azuline, l’entreprise spécialisée dans la bijouterie fantaisie connait actuellement un fort développement grâce à l’intelligence artificielle. «Au moment du Covid, j’ai regretté de ne pas avoir accordé suffisamment d’importance à la vente en ligne. Alors, lorsque l’IA est arrivée, je me suis dit que je ne raterai pas ce virage», explique le dirigeant.

Grâce à des innovations conçues en interne, Azuline possède aujourd’hui le plus important catalogue en ligne du secteur. Une stratégie qui a valu à son dirigeant de recevoir le Trophée du commerce départemental dans la catégorie Innovation, puis, plus récemment, le Prix de l’innovation de la CCI de l’Oise, remis lors de la Guinguette des commerçants. Cette distinction intervient dans un contexte de mutation pour Azuline. L’enseigne a en effet fait le choix de regrouper son activité à Allonne. Une orientation stratégique destinée à renforcer l’expérience client tout en poursuivant l’accélération de sa transformation numérique.

Ne pas rater le virage de l’IA

Bidouilleur dans l’âme, Nicolas Buquet ne s’est jamais satisfait des logiciels habituellement utilisés pour gérer sa bijouterie. «J’aime quand les choses vont vite et restent simples, ce qui n’était pas le cas au départ», se souvient-il. Patiemment, il a bâti son propre outil autour de Shopify, avant de s’appuyer au quotidien sur plusieurs intelligences artificielles génératives. Une décision qui lui a permis de réduire considérablement le temps de création des fiches produits, passant de plusieurs minutes en saisie manuelle à quelques secondes seulement de manière automatisée.

«Cela a tout changé. Aujourd’hui, cela me permet de disposer du plus grand catalogue en ligne français du secteur, mais aussi d’être plus audacieux. Je peux tester des marques sans risque et même me lancer prochainement dans l’or, ce que je ne fais pas en boutique», détaille-t-il. Configuré en vingt langues, le site peut livrer dans le monde entier et génère désormais un chiffre d’affaires supérieur à celui réalisé en magasin. «L’enjeu aujourd’hui est de gagner en visibilité», souligne-t-il.

Le centre-ville déménage pour renforcer Allonne

Cette stratégie de développement numérique s’accompagne aujourd’hui d’une réorganisation physique. Le magasin historique du centre-ville est actuellement en cours de transfert afin de renforcer la boutique d’Allonne. Cette dernière devient ainsi à la fois le point de vente et le centre logistique de l’enseigne.

Un arbitrage important, 29 ans après la création de l’entreprise, mais pleinement assumée. «Je ne peux pas tout mener de front. C’est une étape nécessaire» assure le dirigeant, pour qui le magasin physique demeure indispensable. «Rien ne remplacera le conseil et le contact humain», insiste-t-il. Autre chantier pour Azuline : le service après-vente. L’enseigne travaille actuellement à la digitalisation de la prise en charge des réparations.