Avec son modèle 100% digital associé à un accompagnement renforcé assuré par un coach, le spécialiste du bilan de compétences Même pas Cap ! a rapidement fait mouche auprès des salariés en quête de nouveaux horizons. «Nos clients, qui sont installés partout en France, ont compris que la plateforme en ligne permettait une plus grande souplesse, puisqu’il est ainsi possible de programmer des échanges le matin, le soir ou le week-end. Mais notre grande force, c’est la relation humaine qui se crée tout au long du parcours», résume Yves Trocheris, qui a cofondé l’entreprise amiénoise avec sa mère, Aliette, et sa sœur, Sixtine.
Chaque personne accompagnée peut choisir son propre coach parmi une centaine de professionnels, sélectionnés par Aliette Trocheris, spécialiste de l’accompagnement des salariés en reconversion depuis plus de 20 ans. «Notre programme s’étale sur dix semaines de travail, avec des entretiens hebdomadaires avec le coach et, entre les séances, du travail personnel, avec notamment un test de personnalité, des questionnaires et des enquêtes métiers à mener tout au long du parcours», détaille l’entrepreneur, aujourd’hui à la tête d’une vingtaine de salariés.
Des profils qui évoluent
«Depuis le lancement de notre plateforme, le contexte a beaucoup changé : la reconversion est devenue un vrai sujet et la demande a grandi de façon exponentielle», observe Yves Trocheris. Un engouement qui s’explique aussi par un phénomène croissant : le mal-être au travail. «Aujourd’hui, la première raison qui pousse les gens à faire un bilan de compétences, c’est parce qu’ils sont mal dans leur emploi. Chez nous, cela représente 60% des cas», regrette-t-il.
«Chez Même pas Cap !, notre premier objectif est de redonner confiance à nos interlocuteurs avec des données objectives. Nous faisons un peu le portrait-robot du job idéal. Ensuite seulement, nous allons nous confronter au marché» poursuit-il. Très attentive à la satisfaction client, l’entreprise a progressivement fait évoluer son contenu pédagogique à partir des retours des utilisateurs et des coachs partenaires. «Nous utilisons aussi les outils technologiques à notre disposition, mais notre but premier est de maintenir cette relation humaine, qui est vraiment un point différenciant», assure Yves Trocheris.
Un secteur dans le flou
Fin 2025, le secteur a été fortement secoué par les intentions du Gouvernement qui, pour des raisons d’économies budgétaires, avait envisagé de retirer le bilan de compétences des dispositifs financés par le Compte Professionnel de Formation. «Cela aurait clairement été la mort de nombreux acteurs, le CPF restant le premier moyen d’accès à nos services» analyse le dirigeant. L’abandon de ce projet a donc été vécu comme un profond soulagement chez Même pas Cap !
«Au-delà de l’aspect économique, le message envoyé était terrible : c’était nier notre utilité alors que de plus en plus de gens se sentent mal au travail, que les arrêts maladie augmentent, tout comme les risques psychosociaux», pointe l’entrepreneur. Le bilan de compétences, via le CPF, pourrait toutefois être plafonné à 1 600 euros, soit 300 euros en dessous du coût actuel du programme Même pas Cap ! «Nous ferons de notre mieux pour nous adapter aux contraintes qui nous sont imposées, mais tout reste très flou pour l’instant. Ce qui nous intéresse, c’est de faire notre métier du mieux possible et de continuer à accompagner ceux qui se posent des questions», conclut Yves Trocheris.