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À Dijon, une innovation pourrait changer la manière d'opérer les cancers

Créée en mars 2026 à Dijon par deux chercheuses, la start-up Fluonir développe une technologie de fluorescence pour aider les chirurgiens à mieux délimiter les tumeurs cancéreuses. Après dix ans de recherche, les co-fondatrices préparent les étapes réglementaires du futur médicament et lancent une campagne de financement participatif de 40 000 euros.

Publié le 4 novembre 2026 à 13h32 - 2 min de lecture
AmélieGodard et MaloriePrivat, les co-fondatrice de Fluonir. ©Buzzetcompagnie

AmélieGodard et MaloriePrivat, les co-fondatrice de Fluonir. ©Buzzetcompagnie

Avec 433 136 nouveaux cas de cancer estimés en France en 2023, selon l’Institut national du cancer, les innovations destinées à améliorer la prise en charge chirurgicale disposent d’un vaste champ d’application. C’est sur ce marché que se positionne Fluonir, créée en mars 2026 à Dijon par Amélie Godard et Malorie Privat. Les deux docteures, respectivement spécialistes de la chimie et de la biologie, ont associé leurs travaux menés depuis 2018 à l’Institut de chimie moléculaire de l’Université de Bourgogne (ICMUB). 

Leur objectif : permettre aux chirurgiens de mieux distinguer les tissus cancéreux des tissus sains pendant une opération. «Aujourd’hui, la principale technologie qui permet de guider le chirurgien pendant son acte, c’est son œil, seulement sa vue», explique Malorie Privat. Leur innovation repose sur des molécules fluorescentes, baptisées Wazaby, capables d’émettre de la lumière dans le proche infrarouge, au-delà de 1 000 nanomètres. Associées à des anticorps ciblant les cellules tumorales, elles doivent permettre de visualiser les contours des tumeurs à l’aide d’une caméra spécifique. La start-up cible d’abord les cancers de la sphère ORL, notamment de la bouche, de la gorge et du larynx. Mais son potentiel dépasse cette première indication. «C’est vraiment tous les types de cancers qui sont aujourd’hui des cancers solides et qui sont majoritairement pris en charge par chirurgie qui sont notre cœur de marché», précise Malorie Privat. La technologie reste toutefois au stade du développement pré-clinique.

Une première administration chez l’homme visée en 2030

Après quatre années de maturation et d’incubation, Fluonir travaille désormais à l’industrialisation de sa production et aux études réglementaires nécessaires. «Jusque-là, nous étions à l’échelle laboratoire. Et pour aller sur du clinique humain, il va falloir aller sur des proportions beaucoup plus importantes», souligne Amélie Godard, co-fondatrice de la start-up. L’entreprise, qui dispose de deux brevets, vise une première administration chez l’homme à l’horizon 2030, sous réserve des résultats et des autorisations. 

Son modèle économique prévoit de développer son candidat-médicament jusqu’à la phase II des essais cliniques, avant de nouer des partenariats avec des laboratoires pharmaceutiques. L’équipe fondatrice réunit sept personnes, dont quatre chercheurs et un chirurgien ORL. 

«L’objectif est de consolider la protection de nos innovations et d’avancer sur les volets réglementaires»

Des recrutements techniques sont envisagés dès 2027. Pour financer ses premières étapes, Fluonir a déjà sécurisé près de 250 000 euros grâce à deux dispositifs de soutien, FRI Recherche et BFTE. Elle lance début novembre une campagne de financement participatif de 40 000 euros. «L’objectif est de consolider la protection de nos innovations et d’avancer sur les volets réglementaires», indique Amélie Godard. Une nouvelle étape pour transformer les résultats de la recherche dijonnaise en une solution utilisable au bloc opératoire.

Amandine Ibled | La Gazette France

Amandine Ibled

Journaliste , La Gazette Bourgogne

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