La création d’une farine pour l’aquaculture à base de puces de mer, une entreprise qui transforme les déchets coquillers en décorations haut de gamme, un élevage de silures et une ferme urbaine mêlant aquaculture et hydroponie. Voilà les quatre projets innovants retenus cette année par le programme Aquarize, porté par Aquimer, le pôle de valorisation des produits aquatiques situé sur la Côte d’Opale. Ils ont été officiellement présentés le 12 février à l’aquarium Nausicaá de Bou-logne-sur-Mer, lors d’un afterwork réunissant tous les acteurs de ce nouvel outil destiné à dévelop-per le secteur aquacole.
Un accompagnement complet
Réfléchi depuis 2024 et lancé l’an dernier avec une première promotion de quatre entrepreneurs, Aquarize est né d’un besoin : apporter un liant à la «filière aquacole déjà très complète et structurée localement», selon Mélodie Lesage, coordinatrice d’Aquarize, pour permettre aux projets d’émerger encore plus vite et sereinement. Les lauréats bénéficient d’un accompagne-ment complet d’un an : mentorat individuel, ateliers collectifs et formations (communication, pro-priété intellectuelle). «Grâce à Aquarize, j’ai notamment pu mener une étude de marché sur mon projet qui a engrangé 4 000 réponses», illustre Yoann Demuyter, qui compte lancer une ferme aquacole de sandres sur la région lilloise.
Pédagogie et révolution
Jean-Christian Giroux, président de l’entreprise Cellarium, ne regrette pas non plus d’avoir été suivi par Aquarize l’an dernier. «J’ai pu valider certains aspects techniques de mon projet et gagner en crédibilité dans d’autres domaines», confie cet expert en mareyage à Boulogne-sur-Mer. Et les nouveaux, alors ? Ils sont prêts à en découdre. Comme Arnaud et Romain Pigeon, venus du Havre, qui souhaitent agrandir leur activité d’aquaponie pour la transformer en une «ferme circulaire et pédagogique reliant maraîchage, pisciculture, élevage d’insectes et transformation alimentaire». Ou Clément et Martin Delattre, de Saint-Léonard, qui comptent industriali-ser leur entreprise de recyclage de coquilles, muées en matériaux alternatifs au marbre et à la pierre. Grégoire Wattez ambitionne de révolutionner l’aquaculture : «Créer une farine de puces de mer pour l’élevage, afin de remplacer la pêche industrielle et les oléagineux importés d’Amérique du Sud», résume-t-il. Autre projet original : la création d’une filière française d’élevage de silure hors-sol, «un poisson inconnu ou déconsidéré dans notre pays alors qu’il est élevé dans d’autres régions du monde», considère Louis Bregnard, porteur du concept.
Pour Aletheia Press, Arnaud Stoerkler