Portrait

À Pont-à-Marcq, l’ancienne friche Agfa se réinvente

L’architecte danois Anders Lendager était de passage à Pont-à-Marcq afin d’apporter son éclairage sur le projet de transformation par Pévèle Carembault de la friche industrielle Agfa. 


Fermée en 2020 après avoir marqué pendant des décennies l’histoire industrielle du territoire, l’ancienne usine représente aujourd’hui un défi autant qu’une opportunité pour Pévèle Carembault. Sur ces 17 hectares, la communauté de communes veut faire émerger un pôle d’activités fondé sur le réemploi, l’économie circulaire et la valorisation de l’existant, une ambition pour laquelle elle s’est entourée de l’architecte danois Anders Lendager, spécialiste international de la transformation circulaire des bâtiments et des friches.

«L’idée est vraiment de modifier le regard que l’on porte sur cette friche industrielle, ce ne sont pas 17 hectares de déchets mais 17 hectares de possibilités nouvelles», résume Ludovic Rohart, président de Pévèle Carembault. «Le principe étant de considérer les matériaux déjà présents comme des ressources plutôt que comme des déchets».

Réemployer 70% des matériaux

La démarche doit notamment s’appuyer sur un objectif ambitieux : atteindre 70 % de matériaux recyclés, biosourcés ou réemployés dans les opérations de réhabilitation. Les anciennes zones de coulée et de chaufferie seront ainsi conservées et transformées pour accueillir des activités tertiaires, tandis qu’un écoquartier doit progressivement prendre place sur une partie du site.

Pour la collectivité, la visite d’Anders Lendager était vouée à confronter son projet à l’expérience d’un architecte qui place précisément le réemploi au cœur de ses réalisations, en particulier sur un premier bâtiment d’environ 4 000 m2. Sa réhabilitation, envisagée à l’horizon 2028, doit donner une première traduction concrète à cette philosophie. «Notre idée est d’en faire un cluster de l’agencement circulaire», poursuit Ludovic Rohart. «Ateliers, machines mutualisées et centre de formation pourraient y réunir artisans, industriels et organismes de formation autour du bois, du métal ou encore de la tapisserie. Notre objectif n’est pas de faire à la place du privé, mais de lancer le mouvement et de créer un réseau et si des entreprises de l’agencement ou de l’ameublement veulent ensuite rejoindre la dynamique, ce sera avec plaisir !». 

L’ancienne friche pourrait ainsi devenir, au-delà de sa reconversion immobilière, un véritable laboratoire de l’économie circulaire.