Le chantier du poste électrique Noroit est lancé. Ce nouvel équipement, situé sur la zone industrialo-portuaire du Havre, est présenté comme «le plus grand poste électrique en bâtiment de France». En chiffres, cela représente des dimensions de 200 mètres de long, 18 mètres de large et 20 mètres de haut. Il «accueillera, dès 2029, les raccordements des industries qui se décarbonent ou qui s’implantent sur le territoire».
Après des travaux de terrassement engagés en septembre 2025, la construction du bâtiment débute. Ce futur poste électrique constitue la première réalisation du projet «Transition Énergétique des Boucles de la Seine». Ce programme vise à renforcer les infrastructures électriques de la vallée de la Seine afin d'accompagner la décarbonation des activités industrielles et l'arrivée de nouvelles implantations.
«Une consommation multipliée par quatre»
L'objectif est de répondre à la forte hausse des besoins en électricité du territoire. Selon RTE, «l'Eure et la Seine-Maritime concentrent 15% des émissions de CO₂ de l'industrie française. La substitution progressive des énergies fossiles par une électricité décarbonée doit permettre d'éviter plusieurs millions de tonnes d'émissions chaque année.»
RTE indique avoir déjà signé une «dizaine de contrats de raccordement avec des industriels de la zone. À l'horizon 2035, la consommation électrique de la vallée de la Seine pourrait être multipliée par quatre.»
Le projet comprend également la création d'une ligne aérienne de 400 000 volts entre Rougemontier et Port-Jérôme, d'une liaison souterraine de 225 000 volts entre Port-Jérôme et Le Havre, ainsi que d'un second poste électrique baptisé Roseaux à Port-Jérôme.
Une dizaine d'entreprises mobilisées sur le chantier
Plus d'une dizaine d'entreprises et plusieurs centaines de personnes sont mobilisées sur le chantier de Noroit. Pour Benoît Facq, directeur du projet Transition Énergétique des Boucles de la Seine, l'opération représente aussi un levier économique local : «Le projet a été conçu avec le territoire et doit bénéficier en premier lieu au territoire. [...] C'est aussi un vecteur direct de retombées économiques pour les entreprises normandes avec un potentiel de commandes estimé à vingt millions d'euros.»
«Le projet Transition Énergétique des Boucles de la Seine, fait de la Normandie la vitrine de la France en matière de décarbonation», ajoute Christelle Coppens-Chalhoub, déléguée régionale RTE Ile-de-France Normandie.