En bref

Agriculture : le salon de la réconciliation pour la Bourgogne-Franche-Comté

Ce 25 février à Paris, le salon International de l'agriculture a été l'occasion pour le conseil Régional et la chambre régionale d'Agriculture de montrer leur récente réconciliation.

Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, Jérôme Durain, président de la Région, Vincent Lavier, président de la Chambre régionale d’Agriculture, ce 25 février au Salon international de l'agriculture. © Aletheia Press / L. Brémont

Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, Jérôme Durain, président de la Région, Vincent Lavier, président de la Chambre régionale d’Agriculture, ce 25 février au Salon international de l'agriculture. © Aletheia Press / L. Brémont

La Bourgogne Franche-Comté était à l'honneur ce 25 février au salon international de l'agriculture (SIA) qui se déroule du 21 février au 1er mars, porte de Versailles à Paris. Cette journée a été l'occasion pour le conseil Régional et la chambre régionale d'Agriculture d'afficher une entente toute neuve. «Nous avons traversé des tensions, notamment autour du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader)» reconnait pudiquement Jérôme Durain, président de la Région.

En cause, l''instruction des demandes d'aides fléchées vers l'agriculture (dotations jeunes agriculteurs, fonds de modernisation…), passée en 2023 sous la responsabilité des Régions. Une étape difficile en Bourgogne Franche Comté qui a vu de lourds retards s'accumuler au détriment des porteurs de projets. Au point de conduire à la rupture entre la chambre régionale d'agriculture et la Région.

«Le bout du tunnel»

La situation s'améliore en juillet dernier, grâce à la mise en œuvre de moyens supplémentaires. Une reprise de la communication entre les deux institutions suit en décembre dernier. «J'aimerais que cela aille encore plus vite, mais nous voyons le bout du tunnel» se réjouit Jérôme Durain. Un sentiment partagé par Vincent Lavier, président de l'organisme consulaire depuis mars 2025. «Les premiers versements sont effectifs, Le rythme doit maintenant s'accélérer, de manière exponentielle» complète-t-il.

Désormais les deux responsables entendent préparer l'avenir. «Nous devons développer collectivement notre fierté pour notre agriculture» résume Jérôme Durain. Une ambition qui passe notamment par «produire localement», «investir dans l'outil productif», «accompagner l'adaptation climatique», «renforcer l'autonomie des exploitations» et «garder la valeur ajoutée chez nous».

Conserver les centres de décision en région

Ces axes de travail ne sont, cependant, pas suffisants. «Produire ne se fait pas si les décisions se prennent ailleurs. C'est pourquoi la région agit pour conserver les centres de décision (des entreprises, ndlr) en Bourgogne-Franche-Comté» constate le président de région. Mais tout ne se joue pas à l'échelon régional. Et malgré le positivisme affiché, les sujets d'inquiétudes demeurent. «La question des accords commerciaux, et notamment de l'accord UE-Mercosur, ne peut pas être éludée» rebondit Jérôme Durain. Devenir de la politique agricole commune (Pac), concurrence étrangère… «Le constat est sans appel, regrette Vincent Lavier. Les aliments issus de la production française remplissent de moins en moins l'assiette de nos concitoyens».

Un sujet pris au sérieux par Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, originaire du Doubs. «Les derniers résultats du commerce extérieur montrent un affaiblissement de nos capacités exportatrices, et de nos capacités de production alimentaire et agroalimentaire. C'est une alerte. (…). Nous devons avoir de quoi nourrir notre population». Les conférences de la souveraineté alimentaire lancées par la ministre se veulent une réponse concrète. À voir…

Pour Aletheia Press, Laetitia Brémont