Dossier
Actu

Alerte patronale sur le budget de l’État

Entendus par la Délégation sénatoriale aux entreprises, les représentants du patronat s'inquiètent de l'impact des mesures prévues dans le projet de loi de Finances 2027 sur l'économie, sur fond de climat social incandescent.

Publié aujourd'hui à 14h03 - Mis à jour 14h51 - 2 min de lecture
 © contrastwerkstatt.

© contrastwerkstatt.

Quatre organisations patronales, une même inquiétude. Le 5 novembre, la Délégation sénatoriale aux entreprises organisait une table ronde «Pour un budget 2027 utile : la voix des entreprises», retransmise en ligne, avec les représentants du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), du Mouvement des entreprises de taille Intermédiaire (METI), de l’Union des entreprises de proximité (U2P) et de Les entrepreneurs.

Globalement, «nous sommes extrêmement inquiets», a résumé Philippe d’Ornano, co-président du METI. Alors que débutait la journée de forte mobilisation sociale dans le pays, les représentants patronaux ont insisté sur l'ampleur des dommages causés le 17 octobre dernier par les violences advenues en marge des manifestations. A l'économie en général, et aux commerçants qui les ont subies, en particulier. Certains éprouvent de très grandes difficultés et les assurances ne suffiront pas à les résoudre, a prévenu Michel Picon. «Lorsque vous avez 250 000 euros de stock, vous n'en assurez pas la totalité contre le vol, car on compte sur l'intervention de la police», a expliqué le président de l'U2P.

Le fonds de solidarité mis en place par Bercy ? «Ce n'est pas 10 000 euros qui vont régler le problème», balaie Michel Picon, dénonçant une «véritable carence de l'Etat». Amir Reza-Tofighi, président de Les Entrepreneurs, abonde. Et il ajoute : «Que tous ceux qui appellent à manifester fassent attention aux messages qu'ils passent (…), ils ont cette responsabilité de ne pas attiser la haine du commerce». Amir Reza-Tofighi regrette que les casses soient aujourd'hui, «presque tolérées», «comme si cela faisait partie du folklore».

Risque d’une «boucle récessive»

Pour l'essentiel, les organisations patronales se rejoignent aussi dans leur évaluation des projets de loi de Finances (PLF) et de Financement de la sécurité sociale (PLFSS). «Les textes budgétaires nuiront gravement à l'économie», assène Patrick Martin, président du Medef. A la base, l'hypothèse de croissance sur laquelle ils sont assis, (1%) lui semble «complètement improbable».

En tête des mesures les plus décriées par le patronat figurent celles qui alourdissent le coût du travail, (à hauteur de 11 milliards d'euros, d'après ces organisations). «Cela pèsera sur la profitabilité des entreprises et leur enlèvera des marges de manœuvre pour accorder des augmentations de salaires», prévient Patrick Martin. Or, «la crise sociale que nous traversons est liée au pouvoir d'achat de ceux qui travaillent», souligne Pichel Picon. Amir Reza-Tofighi met en garde contre le risque d'une «boucle récessive».

Avec de telles mesures, «Il faut se préparer à retrouver un chômage de masse», estime Philippe d’Ornano, pour qui il conviendrait de faire en sorte que «le moteur économique fonctionne». A ce titre, les représentants patronaux critiquent aussi notamment les restrictions apportées à l'apprentissage et l'article 5 du PLF 2027 qui réforme le régime de l'apport-cession, qualifié de «funeste» par Patrick Martin. Le président de Les Entrepreneurs en appelle à une reprise de la baisse des impôts de production. «Cela serait un bon signal à passer aux entreprises. Cela leur redonnerait une perspective», propose Amir Reza-Tofighi.